LE CHATEAU DE VIELS-MAISONS
sous LOUIS XIII D'après la gravure de Cl. Cu.^tillox. ^ Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
Lucas' vous mènera un homme, lequel a toujours donné de bons avis, tant que j'ai été en Lorraine. Il propose de faire attraper le baron des Salles, et faire surprendre ^'ézelise, Vaudémont et un autre château qui sont tout pleins de blé. Vous en ferez parler à qui vous voudrez.
Pour nouvelles d'ici, Baradat est amoureux de la Hautefort* et elle en dit tout le bien du monde. J'attends M. de Bullion et Bouthillier, qui me doivent venir voir aujourd'hui.
Je me porte très bien, et serais bien gaillard sans l'impatience où je suis d'apprendre des nouvelles de votre arrivée, et la peur que j'ai de la confession'.
Louis.
Je viens de recevoir un mémoire que celui qui est Gondrecourt un petit
garçon) écrira Montaient; je vous l'envoie ainsi qu'une lettre de M. de Barrault'.
Depuis ma lettre écrite, j'ai appris que depuis que je fus sorti de chez la
2. La Saint-Martin, 1 1 novembre, qui est encore dans beaucoup de provinces une époque de fin de contrats, était, à cette époque, une échéance presque t;énérale.
5. Lucas, secrétaire du roi. — 4. M"« de Hautefort, dame d"honneur de la reine Anne dWutriche, était l'ancienne amie de Louis XIII.
5. Le Père Gourdon, jésuite, réputé très rigide, venait d'être choisi comme confesseur du roi. — 6 M. de Barrault, ancien ambassadeur de Louis XIII, en Espagne, était gouverneur de Nanc)-.
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Reine, hier au soir, elle se mit à faire l'éloge de Baradat, plus d'une demi-heure durant.
Louis.
Saint-Germain-en-I,aye, le 4 novombre 1635.
Rambures a demandé congé pour deux jours, afin de venir me voir, ce que je lui ai accordé, pour ce temps-là seulement.
Les gardes du corps qui sont en Picardie, réduits à 47, demandent ce qu'ils ont à faire, n'ayant pas un sol.
Je vous envoie une lettre du Maréchal de ^'itry', lequel propose de reprendre les îles Saint-Honorat ", et celle que les Espagnols tiennent.
Je me porte bien grâce au bon Dieu ; je suis très content du Père Gourdon.
Louis.
Je vous envoie par la Chesnaye' des fruits' de ^'ersailles, dont vous ferez faire l'essai avant que d'en manger, comme de tout ce que je vous enverrai.
Ce 8 novembre 1635'.
J'ai pris cette nuit deux petits remèdes, qui m'ont fait déboufter- le ventre, et mis en parfaite santé. Je m'en vais voler à deux lieues d'ici.
Je vous envoie la lettre de Saint-Simon, que je reçus hier en sortant de chez vous, avec un mémoire des forces de Gallas et du duc Charles; je vous prie de me renvoyer la lettre. — J'ai songé, cette nuit, au besoin d'armes où nous sommes, et qu'il doit y en avoir une grande quantité dans la Lorraine, de tous ces régiments nouveaux qui se sont débandés. Il serait h propos de les faire chercher, tant pour s'en servir que pour les ôter aux ennemis, qui en ont encore plus à faire que nous.
L'-ttre 229. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin-ICA'II.)
I. Nicolas de l'Hôpital, marquis de Vitry, appelé le maréchal de Vitry, et premier maréchal de
France, était le frère de François de l'Hôpital, seigneur du Hallier, dont il est si souvent question.
— 2. Le 14 septembre précédent, les Espagnols s'étaient emparés par surprise des îles de Lérins,
Sainte-Marguerite et Saint-Honorat sur la côte de Provence en face de Cannes.
3. La Chesnaye, valet de chambre du roi. — 4. Louis XHI recommande toujours au cardinal
de faire l'essai contre le poison de toutes les choses qu'il lui envoie, ce qui caractérise les mœurs
de la cour à cette époque.
Lettre 230. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CVni.)
I. De Saint-Germain-en-Laye. — 2. Toujours ce bouffement ou gonflement du ventre dû à l'abus des remèdes de toute sorte.
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CLAUDE BOLTHILLIER
SKIGNEUR DE PONT-SUR-SEIXE. ETC., SURINTENDANT DES FINANCES 163^ D-après la gravure de Michel Lasne. - Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
2i8 LETTRES DE LOUIS XIII A RICHELIEU
Il doit y en avoir à Saint-Mihiel de ces régiments qui se sont débandés, de quoi armer nos hommes tout à fait à neuf, pour le moins; idem à Pont-à-Mousson et Toul. Il faudrait s'enquérir près des mestres de camp, qui sont encore dans l'armée, où ils les ont laissés, et les faire ramasser à Toul, Nanc\', Bar et autres villes les plus proches pour en faire magasin ; celles de Saint-Mihiel seront bien à Bar.
Louis.
Le 10 novembre 1635 '•
Je viens de recevoir des nouvelles de M. de A'ignolles'-, lequel est à Soissons avec les régiments de Saint-Luc, Langeron, Saint-Aubin, Biscarra et cinq compagnies d'Allemands, qui font onze cents hommes, et les compagnies de chevau-légers de Villequier, Granille, Lignières, Foix, Boufflers, Contreuille, Dromeny, Heilly et du Bec, lequel demande ce qu'il doit faire. Le porteur de cette lettre est un aide de camp qui est venu de sa part. Je vas envoyer Lucas à Sourdis' pour l'aff'aire de Baradat.
Nogent m'a dit que vous désiriez un oiseau de poing; j'en avais un fort bon, qui mourut avant-hier ; je vous l'aurais envoyé. A l'heure même, j'ai mis des gens en campagne pour en trouver, s'il se peut.
Je vous recommande d'avoir soin de votre santé, plus que vous ne l'avez fait.
Le 18 novembre 1635.
Je vous envoie un mémoire que j'ai reçu de Saint-Simon, dans lequel vous verrez force nouvelles. Je vous prie de me le renvoyer, quand vous l'aurez vu.
Rambures me mande qu'il est arrivé à Huchy-le-Chàteau 30 charrettes chargées de bateaux et d'échelles. Il ne sait à quel dessein, et il en a donné avis à toutes les places frontières ; de plus il dit que les ennemis assemblent force troupes alentour. Pour rnoi, je crois que c'est pour entreprendre sur Rue', ou pour faire un pont sur
Lettre 231. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLX.)
1. De Saint-Germain-en-Laye. — 2. M. de Vignolles, récemment nommé lieutenant-général en
Champagne, était gouverneur d'Epernaj' et de Sainte-Menehould.
3. Charles d'Escoubleau, marquis de Sourdis, maréchal de camp, mort en 1666. 11 avait été
enfant d'honneur du roi.
Lettre 232. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CX.) I. Rue, près d'Abbeville, département de la Somme.
la Somme, atin d'entreprendre quelque course en France, et même vers Paris, avec leur cavalerie, voyant qu'il n'y a plus de troupes pour les en empêcher; partant, je ne sais s'il est à propos de faire avancer à cette heure M. de ^'ignolles vers Langres, n'ayant plus d'ennemis à cette frontière, et me semble que la cavalerie de Vaubecourt, qui doit être logée du côté de Void', suffirait pour faire des courses vers Neufchùteau et La Mothe, en attendant le passage des convois.
Si la cavalerie de Hollande revient, elle est plus que suffisante pour garder cette frontière de Picardie.
Louis.
Versailles, ce 2i novembre 1635.
Mon cousin, j'ai pensé que faisant les régiments de province', mon cousin le duc d'Epernon pourrait avoir les mêmes prétentions sur eux que sur les vieux régiments, ce à quoi je ne puis consentir pour plusieurs raisons. Je vous écris donc cette lettre pour vous prier de voir avec mon cousin, le duc de la Valette-, si on pourra s'accommoder avec eux, et au cas que le premier veuille tenir ferme, je me résoudrais plutôt à ne point faire lesdits régiments de province. Je m'adresse à vous, bien que mon dit cousin soit votre allié, sachant que vous préférez mon intérêt et le bien de l'Etat à toutes sortes de choses.
Ledit duc de la ^'alette ne se peut pas plaindre que je n'aie pas confiance en lui, puisque je lui en donne une marque assez grande, dans le cas que je fasse les régiments de province, en lui donnant celui de Guyenne. Je vous assurerai toujours de la continuité de mon affection, et prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
Versailles, ce 21 novembre 1635.
.Mon cousin, aussitôt votre lettre venue, j'ai envoyé quérir, à Paris, Brissac'. Je