I. Saint-Dizier. — 2. Saint-Xicolas-du-Port, près Nancy
3. Le duc Bernard de Saxe-Weimar. allié des Français, s'était retiré à Amance.prés Xanc}-, pour prendre ses quartiers d'hiver. — 4. Le duc Charles de Lorraine. Le bruit avait couru qu'il allait faire une incursion en Bourgogne, ce qui eût été fort nuisible aux armées françaises; mais la saison était trop avancée.
J'oubliais de vous dire que les 900 prisonniers^ que j'avais donnés à M. le garde des sceaux avec les escortes qu'il m'a demandées, les prévôts en ont laissé sauver 600, et il n'en reste plus que 260, ce dont je suis très fâché. Tous les chefs, que j'avais baillés en garde aux compagnies de mes gardes, y sont encore tous; je les
envoie demain à Chàlons avec bonne escorte.
Louis.
Saint-Dizier, le 12 octobre 1635.
Mon cousin, j'ai fait la dépèche à MM. d'Angoulème et La Force, suivant votre mémoire ; nous verrons ce qu'ils feront. Le renfort, que je leur ai envoyé par M. de la Meilleraye les doit joindre demain. Ces volontaires, que je vous avais mandés être allés à Paris, se sont ravisés : les uns sont allés à l'armée, après la honte que je leur avais faite d'être demeurés ici, les autres y sont restés. Les Suisses joignent aujourd'hui M. le cardinal de la ^'alette', à Pontà-Mousson'. On ne peut vous rien mander d'assuré où est Gallas.
Le cardinal de la Valette écrit de Metz qu'il retourne vers Haguenau, et le duc Charles annonce qu'il s'avance vers la Seillé pour se joindre au duc Bernard. Dès que nous en apprendrons quelque chose, je ne manquerai pas de vous en donner avis promptement. Je vous prie d'envoyer à Chàlons 6 milliers de poudre menue grenue, parce qu'il n'y en a pas un grain pour charger dix coups. Je vous dirai que je me porte très bien de ma médecine, grâce au bon Dieu, lequel je prie vous vouloir toujours tenir en sa sainte garde.
Louis.
M. de Tresmes et le comte de Cramail décrient les affaires tant qu'ils peuvent, et crient la paix publiquement.
Saint-Dizier, 13 octobre 1635.
Mon cousin, vous verrez par la lettre de M. de La Meilleraye, que AL Bouthillier vous' envoie, comme ils ont laissé défaire le convoi proche Gondreville, qui allait
5. Les prisonniers faits à Saint-Mihiel. A cette époque beaucoup de soldats passaient facilement d'une armée dans l'autre. On recherchait parmi les prisonniers les déserteurs nu débauchés, comme on disait alors, et on les condamnait à la pendaison ou aux galères.
Lettre 224. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CIII.)
I. Le cardinal de la Valette commandait l'armée française qui avait opéré sur le Rhin. Il était revenu à Metz. — 2. Pont-à-Mousson sur la Moselle, chef-lieu de canton du département de Meurtheet-Moselle.
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h Nancy. Je vous puis assurer que ce n'est pas manque de leur avoir dit en partant qu'ils y prissent bien garde ; il était escorté par les régiments de \'igneulles et Commières, qui pouvaient monter i^les deux) à 700 hommes, et par deux compagnies de cavalerie. Les deux régiments ont jeté les armes dès qu'ils ont vu les ennemis ; il n'y a eu que les officiers qui ont payé de leurs personnes. La cavalerie n'a pas mieux fait.
M. de La Force a envoyé Saint-Torse demander congé pour lui, ce que je lui ai refusé. .^L^L le cardinal de La ^'alette, d'.AngouIème, Weimar et La Force sont à Nancy pour conférer ensemble de ce qu'ils ont à faire ; ils me doivent envoyer demain un courrier pour me faire savoir leurs résolutions, lesquelles je vous enverrai aussitôt.
Leduc Charles partit, dimanche dernier, de Rambervilliers.pour aller s'aboucher vers Sarrebruck avec Gallas, de qui les Croates courent toujours jusqu'aux portes de -Metz. J'envoie le peu de cavalerie que j'avais ici, qui consiste à 300 chevaux, à ^L d'Estranges, pour renforcer l'escorte des convois qui doivent passer et conduire les cinq compagnies suisses h Toul et Nancy, comme vous l'avez mandé. .Me voyant donc ici tout seul, j'ai pris résolution de me retirer h ^'itry, où je m'en irai demain coucher. Je vois tout le monde dans une telle lenteur que cela me met au désespoir. Je vous avoue que la mélancolie me mange de voir les malheurs qui nous arrivent tous les jours; si j'y pouvais remédier étant sur les lieux, j'irais de bon cœur. Je finirai celle-ci en priant le bon Dieu de tout mon cieur qu'il vous tienne en
sa sainte garde.
Louis.
J'oubliais h vous dire que Saint-Torse dit que des prisonniers des ennemis
disent que a défait un grand convoi aux ennemis proche d'Epinal, où il a pris
plus de 200 chevaux.
Louis.
Vieux-Maisons', ce 20 octobre 1635, à i heure après midi.
Mon cousin, je vous envoie dans ce paquet les lettres que je viens de recevoir de l'armée par Lacour d'Argy. Il vous dira comme le duc Charles a quitté Rambervilliers, et est allé joindre Gallas, le lieu où ils sont logés à présent, les logis que notre armée a pris, et la licence que les généraux demandent de donner bataille.
Lettre 225. — .\rchives de Chantilly.
Lettre 226. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CI\'.) I. Viels-Maisons, commune du département de l'Aisne.
214 LETTRP:S de louis XIII A RICHELIEU
Je n'ai pas voulu lui donner de mon chef résolution sur ce dernier point; c'est pourquoi je vous le renvoie. Il vous dira force particularités sur ce pays, sur quoi me remettant, je finirai en vous assurant de la continuation de mon affection, et prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
Lacour est arrivé à trois heures, après que M. Bouthillier a été parti. Le comte de Cramai! ■' commence à discourir, comme à son ordinaire, sur cette Jonction Gallas ; je lui donnerai beau jeu pour le faire parler.
Louis.
Le 26 octobre 1635.
Il n'v a rien à ajouter au mémoire', que vous m'envo3'àtes hier par l'abbé de Saint-Mars.
M. de Nouveau me vient de dire qu'il est avisé que le cardinal Infant^ est allé à Cologne voir le roi de Hongrie. Vous verrez ci-dessous les compagnies que je désire qui reviennent de Hollande : Desche, Beauregard, Guiche, Saint-Simon, Pont de Courlay, Brouilly, Domon, Lenoncourt. Pour le reste, je m'en remets à vous.
J'ai eu un peu de goutte, cette nuit; à cette heure, j"ai fort peu de douleur. Le
nonce barbe carrée me doit venir voir demain matin ; s'il y a quelque chose à lui
dire, vous me le ferez savoir.
Louis.
Le 2g octobre 1635.
Baradat ' ne veut point refaire son régiment, disant qu'il ne le peut sans se ruiner entièrement.
La noblesse de Bourgogne, qui est à Saint-Mihiel, demande son congé à la Saint-
2. Le comte de Cramail fut mis à la Bastille dès le retour du roi à Paris; il n'en sortit qu'après la mort de Richelieu, en 1642.
Lettre 227. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CV.)
I. C'était le mémoire envoyé par Richelieu sur les faits et gestes du comte de Cramail. — 2. Le cardinal Infant commandait les Pays-Bas espagnols.
Lettre 228. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CVI.)
I. François de Baradat, favori de Louis XIII, avait été disgracié en 1627. Il était ennemi de Richelieu, bien que dévoué au roi ([ui lui avait donné l'autorisation de former un régiment.
.Martin-. Il y a trois mois qu'ils servent, sans avoir fait aucune plainte ; je crois qu'il leur faut donner; autrement ils le prendront.
Bourdonnaye demande les fonds pour monter trois compagnies d'augmentation de son régiment, lesquelles sont arrivées dans l'armée de .M. d'Angoulcme, avec 80 hommes chacune et 300 hommes de recrue pour les vieilles.