Les Etats du duc de Parme, alors en visite à Paris
Lettre 256. — Archives de Chantilly.
I. On remarquera dans cette lettre, comme dans beaucoup d'autres, le soin que le roi apporte à toutes les affaires militaires, la précision des ordres ou des avis qu'il donne, et sa connaissance du terrain des opérations. — 2. Bray-sur-Somme, chef-lieu de canton du département de la Somme, entre Corbie et Péronne.
M. de Novers ' aura les noms. Je crois que ce second corps pourra être ensemble au 12 ou 14 de ce mois, pourvu qu'on leur dépêche diligemment. Le lieu du rendez-vous général doit être vers Compiègne, étant là porté à aller partout. P'aut aussi faire venir les chevau.\ de canon qui sont arrivés h Dieppe, et des compagnies de Rantzau, qu'on dit y être aussi. Pour cette occasion, je crois que on pourrait assembler jusques à i 000 gentilhommes des provinces voisines, comme Ile-de-France, Beauce, Normandie et Perche.
Je vous prie m'envoyer .M. do Chavigny demain, avant que le duc de Parme vienne.
Louis.
Saint-Germain, ce 8 mars i6î6.
Je suis de votre opinion que si le duc de Parme avait eu à venir, M.^L de Bullion et Houthillier vous en auraient donne avis. Voyant que cela n'est point, je mène aujourd'hui la Reine à la volcrie ', le temps étant parfaitement beau.
Je m'éclairai hier au soir de l'autre affaire que j'ai trouvée comme je la pouvais désirer-; le tout est contraire à ce que l'on m'avait dit. J'ai dormi cette nuit durant dix heures, et me porte très bien grâce au bon Dieu.
Louis.
Je prie Dieu que la consultation des médecins vous...
Le 14 mars 1636.
J'ai écrit une lettre bien sèche à ^LNL de BuUion et Bouthillier sur le paiement des troupes de Hollande ' : je crois qu'ils en prendront l'alarme bien chaude.
La Coudrelle ne désire plus le gouvernement du fort de la Croix, s'excusant sur son peu de moyens pour y subsister.
3. François Sublet, sieur de Xuyers, né en 1578, premier commis des finances en 162-), nommé secrétaire d'Etat de la guerre en 1636, en remplacement d'.\bel Servien, disgracié. Créature de Richelieu, il fut à son tour disgracié après la mort du cardinal, et mourut à Dangu, en 1645.
Lettre 257. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-jCXXIX.)
I. .\ la chasse au vol. — 2. — Probablement enc<ire l'affaire de M"" de la Fayette.
Lettre 258. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.- CXXX.'
I. Les troupes restées en Hollande sous le commandement du maréchal de Brezé. Elles réclamaient leur dû et les surintendants des finances, à court d'argent, ne se pressaient point de leur donner satisfaction.
234 LETTRES DE LOUIS X]1I A RICHELIEi;
La Bloquerie, colonel liégeois, demande quelque contentement pour son paiement ; il y a quelque droit ; on en pourra parler, quand on parlera pour le colonel étranger. Il est très bon homme et point difficile.
Louis.
Saint-Germain, le 23 mars 1636.
Dès que je vis hier AL de Noyers et Belsunce', il me souvint sur le champ de ce que vous m'aviez dit, il y a trois semaines ; j'en ai rendu grâce au bon Dieu dès ce matin, après la communion. Je le ferai encore cet après-diner. J'attendrai M. de Noyers pour savoir les troupes qui sont les plus prêtes à marcher.
Les Suisses -, qui sont à Bar et à Toul, sont prêts h se débander faute d'argent. S'il n'y est pourvu promptement, je crains que tous s'en soient allés, quand la revue arrivera. Je me réjouis que vous vous portiez bien; je suis aussi en parfaite santé.
Louis.
Saint-Germain, le 29 mars 1636.
Je vous écris, dans ce paquet, un billet pour la subsistance des recrues, lequel vous pourrez envoyer à AL de Bullion, pour lui montrer comme je prends cette affaire à creur.
Je suis en peine de votre santé ; c'est pourquoi j'envoie ce gentilhomme pour m'en apporter des nouvelles.
^'ous aurez su par le cardinal de La \'alctte, ce que nous fimes hier pour les quartiers '.
J'eusse été hier à Rueil, sans que le duc Bernard vous allât voir-.
Louis.
Lettre 259. — Archives des aiïaires étrangères, à Paris. — Ti)pin.-(CXXXII.)
I. Belzunce, aide de camp du marquis de la Force, fils du maréchal de la ?-orce, avait appris la
nouvelle dune défaite des Impériaux et la capture du général Colloredo. — 2. Les troupes suisses à
la solde de la France.
Lettre 260. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-;CXXXI.) I. Pour l'organisation du logement des troupes. — 2. Si le duc Bernard de Saxe-AVeimar n'avait pas été vous voir.
i6:yb
Saint-Germain, le 30 mars 1636.
Je vous envoie pour mon frère la lettre que j';ii écrite de ma propre main ; vous
pouvez le dire au sieur de (^havigny'. Les gens du duc Bernard' ont passé la .Meuse,
et sont venus dans le Barois ', où ils ont pris plus de 300 chevaux dans les villages
et 19 des plus riches laboureurs du pays, lesquels ils ont menés à Adon Château.
puis leur ont fait payer rançon comme ennemis. Ils sont aussi venus jusqu'aux
portes de Bar pour prendre des bourgeois, et leur faire essuyer le même traitement;
ceux de la ville sont sortis sur eux, lesquels en ont pris quelques-uns prisonniers.
Si on soutire qu'ils passent la .Meuse, ils pilleront tout le Barois et la Champagne
jusque vers Chàlons.
Je me porte bien, grâce au bon Dieu.
Locis.
Saint-Germain, le r' avril 1637.
L'ambassadeur de Hollande m'est venu voir, ce matin, pour me représenter la grande nécessité où sont mes troupes', qui sont par delà. Je lui ai promis d'y faire pourvoir promptement ; c'est pourquoi vous en parlerez à .^L^L de Bullion et Bouthillier, comme il le faut.
La recrue de Normandie part demain de .Mantes; elle est composée de i 290 hommes fort bons. Si on ne pourvoit à leur subsistance en arrivant, tout se débandera.
La Bloquerie est toujours après moi pour son payement : vous en parlerez à
yi. de Noyers- pour savoir ce que c'est: il est homme qui sert bien et mérite
qu'on prenne soin de lui.
Louis.
Lettre 261. — Archives des affaires étr.-ingéres, à Paris. — Topin.-(CXXXIII.) I. Chavigny était, comme on Va vu, chancelier de Gaston d"Orléans. — 2. Le duc Bernard de Saxe-Weimar, allié de Louis XIIL II ressort de cette lettre, comme de plusieurs autres, qu'évidemment les troupes suédoises du duc Bernard, insuffisamment disciplinées et soldées, vivaient durement sur le pays. C'étaient de fort o dangereux amis ». 3. Le duché de Bar en Lorraine.
Lettre 262. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-^CXX.XIV.)
I. Les troupes restées en Hollande sous le maréchal de Brezé. La solde et les allocations en
nature faisaient défaut. Léon .XIII presse Richelieu, parle sévèrement aux surintendants des finances;
mais là où il n'y avait point d'argent, le roi naturellement perdait ses droits. — 2. François Sublet,
siciu- de Noyers, secrétaire d'État de la guerre, nommé, comme on la vu, en cette année 1636, après
la disgrâce de son prédécesseur Abel Servien.
236 I.I'TTRKS DE LOUIS XIII A K 1 CI 1 K L i E U
J'ai fait ce mémoire tel qu'il est, afin que vous le fassiez voir à M. de Bullion
si vous le jugez à propos.
Louis.
Vi;j;ny', 7 avril 1636.
J'approuve le choix de l'abbé de Chancelade pourl'évèché de Lavaur-; venant de votre main, il ne peut être que bon; vous lui pouvez dépêcher un courrier pour lui faire savoir le choix que j'ai fait de lui pour ledit évèché.
Je vas aujourd'hui coucher à Pontoise, après avoir volé dans ces plaines ici. J'irai demain dinei" et coucher à Ecouen\ où je demeurerai jusques à jeudi à 2 heures après-midi; puis, je m'en irai coucher à Chantilly, où la Reine se doit rendre le même jour.
Je vous prie que si le duc de Weimar' me voulait venir voir à Ecouen de l'en empêcher, parce que je ne pourrais où le loger, n'y ayant point de meubles du tout. Je serai très aise que vous m'envoyiez le mouton à Chantilly.
Je ne doute point que l'espérance que on nous donne de quelque bon succès ne vienne à effet, venant du lieu d'où il vient ; il faut donner la gloire de tout au bon Dieu, qui nous a tant assisté jusques à cette heure, et le fera encore s'il lui plait, et essayer à se rendre digne des grâces qu'il nous fait tous les jours.
Je vous recommande toujours d'avoir soin de votre santé et de vôtre-personne.
Louis.
^'ous saurez par ce porteur, lieutenant de mon cousin le duc de Saint-Simon, comme les sept compagnies de cavalerie de Hollande que nous avions mandées,
Lettre 263. — Archives de Chantilly.
I. Vigny, commune de Seine-et-Oisc. à 10 kilomètres environ à l'ouest de Pontoise. Le cardinal George d'.A.mboise, ministre de Louis XII, avait fait construire un superbe château, qui existe encore. Le domaine et le château de Vign}- appartenaient, au .wii" siècle, au duc de Montmorency. Après la rébellion de celui-ci, tous ses biens ayant été confisqués et dévolus à la couronne, Louis XIII devint propriétaire de Vigny. Il y passait de temps à autre pour chasser surtout au vol, pour « voler », comme il disait, dans les plaines où le perdreau abonde. — 2. Lavaur est chef-lieu d'arrondissement du Tarn. Cette lettre montre nettement que les plus petites nominations étaient faites par le roi et en son nom.
3. Le château d'Écouen, au nord de Saint-Denis. Il faisait partie du domaine de Montmorency comme Chantilly et Vigny, et avait été aussi dévolu à la couronne. — 4. Le duc Bernard de Saxe- Weimar était venu à Paris, pour conférer au sujet des dégâts commis par ses troupes « alliées » de la France.
Lettre 264. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXXX\'.) I. Pontoise, sur l'Oise, à 30 kilomètres de Paris, chef-lieu d'arrondissement du département de Seine-et-Oise.
sont repassées. Il est nécessaire de leur faire donner un peu d'argent et une garnison pour les remettre, vu qu'ils ne sont pas en état de servir, la plupart de leurs chevaux étant morts ou très malmenés.
T,ori<.
LE CHATEAU DE VIGNY, près Pontoise
Ecouen', 8 avril 1656.
Je remets à la Reine de faire mercredi l'assemblée ou non. et ce quelle fera je trouverai bon-. C'était une partie assurément faite devant que je partisse de Saint- Germain, car ce fourbe de Nogent', qui se mêle toujours de sonder les gens, tit ce
I. Le château d'Ecouen. Il faut signaler tout particulièrement cette lettre, où se montre nettement le caractère décidé et, en même temps, patient du roi. — 2. « Je trouverai bon », ajouté en interligne, voulait dire : <; il est inutile de me faire des objections, je suis de votre avis ».
3. Nicolas de Bautru, comte de Xogent, était capitaine des gardes de la porte du roi. Il était bien vu de Richelieu et souvent employé pour communiquer entre le roi et le cardinal. C'est le père du coniti- de Xoocnt tué au passage du Rhin, en 1672.
qu'il put devant la Reine pour me persuader à ne me rendre à Chantilly que samedi, et je lui dis que j'y serais plutôt mercredi que samedi. Je vous prie que, quand le bal aura été tenu, de faire voir ce papier h M. de Nogent, pour lui faire connaître qu'il n"a pas affaire à un sot, et qu'on le voit venir de loin, quand il veut sonder les gens. Je vous prie encore de ne faire semblant de tout ce que dessus, que le bal n'ait été tenu.
Je me porte bien, grâce au bon Dieu.
Louis.
Je ne vous parlerai point de l'affaire de Nogent, m'en remettant du tout sur M. de La Meilleraye '. Je trouve très bon que vous acceptiez le présent que vous veut faire M"'^ de Lorraine.
Je suis très marri que le duc de Weimar n'ait vu le bal ; Nogent a fait une seconde sottise de l'empêcher ; je vous prie, s'il vous disait quelque chose de moi, de ne croire ni le bien ni le mal, comme je vous ai souvent dit, sans que j'aie été ouï. Saint-Simon m'a dit l'impatience que vous aviez de me voir : je vous puis assurer qu'elle est aussi grande de mon côté, et que. quand mes affaires vous le pourront permettre, vous me ferez plaisir de venir à Beaumont\
Louis.
Chantilly, ce 14 avril 1636, à 2 heures après-midi.
Je trouve très bon que La Ferté Senecterre ' fasse le voyage d'Angleterre, ainsi que M. Bouthillier me l'a mandé : je ne lui ai rien dit de ce que son père a mandé.
L'ambassadeur d'Angleterre m'aTort pressé - sur la réponse à un mémoire qu'il a donné à M. de Chavigny\ ou, pour le moins, savoir le temps où il le pourra recevoir, parce qu'il dit que M. de Chavigny l'avait assuré, en partant, que son père
Lettre 266. — Archives de Chantilly.
I. Le château dEcouen. — 2. M. de la Meilleraye était de plus en plus apprécié de Louis XIII.
3. Beaumont-sur-Oise, chef-lieu de canton du département de Seine-et-Oise.
Lettre 267. — .\rchives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXXXVI.)
I. La Ferté-Senecterre allait comme ambassadeur complimenter le roi Charles I'' d'Angleterre
sur la naissance de sa fille la princesse Elisabeth d'Angleterre, née en 1635. — 2. L'ambassadeur
d'Angleterre était venu à Chantilly.
3. C'est toujours Léon Bouthillier, l'ancien n Jeune », qu'il faut entendre maintenant par M. de
Chavigny.
lui rendrait réponse dans deux jours, après qu'il vous l'aurait fait voir, ce qui n'a\ant pas été observé, est cause qu'il me presse pour savoir quand il l'obtiendra. Il a déjà mandé au roi, son maître, la réponse que lui avait faite .M. de Chavignv. Je lui ai répondu que j'écrirai à Paris, afin qu'on vit en combien de temps ladite réponse serait prête, pour me la faire voir, et ensuite dans quel délai il la pourrait avoir.
Il in"a parlé de la revision d'un procès qui a été jugé au conseil, touchant le vaisseau que du Cheylard a pris sur la côte du Maroc.
Il m'a parlé ensuite de sept vaisseaux anglais que M. de .Mantes a arrêtés à .Marseille, pour les faire relâcher, et a fini son audience par me prier qu'on me donnât des commissaires pour diverses affaires de marchands dont il est charge. Je lui ai dit sur ces trois derniers points que je vous écrirais, afin qu'on rendit justice en ces affaires.
Le Nonce, qui m'a vu. m'a parlé de quatre lieux que l'empereur avait choisis pour faire une assemblée pour la paix, savoir : Spire, Trente, Augsbourg et Constance. Je lui ai dit que nous en avions proposé quelques autres; il m'a répondu là-dessus ([ue c'était Liège ou Cologne. Après affirmation de ma part, il m'a prié que Sa Sainteté puisse savoir le Heu que je désirais, ce à quoi j'ai répliqué que j'v penserais un peu, et en aviserais avec ceux de mon conseil, puis je lui ferais savoir mon intention.
Je vous envoie, dans ce paquet, une lettre que j"ai reçue de mon frère. J'ai averti le porteur que je ne lui remettrais pas avant deux jours la réponse, qu'il faudra m'envo3-er avant ce temps-là.
J'ai pris avec grand plaisir deux loups, ce matin, et me porte fort bien, grâce au bon Dieu.
Louis.
Chantilly, ce 19 avril 1636.
Mon cousin, M. de Coislin ' m'ayant dit qu'il vous allait trouver, je l'ai chai-gé de ce mot pour vous assurer de la continuation de mon affection, et de l'impatience que j'ai de vous voir, quand mes affaires vous le pourront permettre.
Je donne demain audience à ces messieurs du clergé. J'ai commandé à .M. d'Harcourt- de partir diligemment, ce qu'il m'a promis de faire.
Lettre 268. — .-archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXXX\'Il.)
I. Le marquis de Coislin, cousin de Richelieu. — 2. Le comte d'Harcourt .Henri de Lorraine,
frère cadet du duc d'Elbeuf) avait été nommé au commandement de l'armée chargée de reprendre
les îles de Lérins sur les Espagnols.
Le secrétaire de Parme ^ m'a vu, ce matin, pour presser le secours de son maître; je lui ai dit que nous avions fait toutes les choses possibles pour le hâter.
Ma santé va très bien ; je prie le bon Dieu de tout mon cœur que la vôtre soit telle que je la désire, et qu'il vous tienne toujours en sa sainte garde.
Louis.
Chantilly, ce 20 avril, à midi, 1636.
Mon cousin, on m'a dit que le duc Bernard' doit venir, demain, ici. Si j'ai quelque chose à lui dire pour son affaire, je vous prie de me le faire savoir avant qu'il arrive. J'ai fait réponse à ce que AL de Bordeaux - m'a lui-même apporté. Assurez-vous toujours de mon affection.
Louis.
Chantilly, ce 20 avril 1636.
J'ai ouï Messieurs du clergé auxquels j'ai répondu mot pour mot, selon votre mémoire. M. de Bordeaux vous dira comment cela s'est passé.
Je suis très aise que l'affaire du duc Bernard soit sur le point d'être achevée. J'ai parlé au président du Bernet', ainsi que vous me l'aviez mandé. Il y a huit jours que M. de Souvré - m"a dit que vous vouliez qu'il allât voir l'armée navale. Je lui répondis que j'y consentais, et en suis très satisfait. Je suis très content de la confirmation que cette personne donne de quelque bon succès. J'essayerai de me rendre digne des grâces qu'il plaît au bon Dieu de me faire tous les jours.
J'ai brûlé votre mémoire.
Louis.
3. Le comte Scotti, secrétaire du duc de Parme, était resté en France après le départ de son maître, retourné en Italie pour tâcher de défendre ses Etats.
Lettre 269. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXXXVIII.)
1. Le duc Bernard de Saxe-Weimar devait venir faire ses adieux au roi, avant de regagner ses
cantonnements. — 2. Sourdis, l'archevêque de Bordeau.x, commandant la flotte de la Méditerranée,
était venu chercher ses instructions.
Lettre 270. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXXXIX.) I. Le président du Bernet, du parlement d'Aix, était venu prendre congé du roi avant de retourner en Provence. — 2. Jean de Souvré, marquis de Courtenvaux, était le fils du maréchal de Souvré, gouverneur de Louis XIII. celui qu'il appela si longtemps ■• ninussu de Souvré n.
Chantilly, ce 22 avril 1636.
J'ai parlé au duc Bernard ' des désordres que font ses troupes, et de ce qu'elles ont enlevé une des compagnies de Canillac. Il m'a témoigné en être extrêmement fi\ché, et m'a dit qu'il avait déjà écrit pour faire tout rendre, et la faute en était à celui qu'il avait laissé pour commander ses troupes, lequel n'était pas assez absolu, et que, dès qu'il serait retourné, il empêcherait bien ces désordres.
Il m'a parlé du dessein qu'il avait de se rapprocher du Comté- ; je lui ai dit les raisons, portées dans votre mémoire, que j'ai le besoin de faire passer des troupes et des munitions par la Suisse pour les envoyer aux Grisons, avant de faire aucune rupture avec le (iomté, ce qu'il a fort approuvé.
.le lui ai parlé ensuite du dessein de reprendre la place de la Moselle, et faire un etVort de ce côté, ce qu'il m'a témoigné approuver; mais je vois bien par son discours qu'il voudrait bien vers Ulm ou Constance. Il ne m'a rien dit de son traité, ni moi à lui. Je lui ai fait part des nouvelles de Liège, et de ce que ses troupes qui étaient avec M. de Turenne^ avaient fait, ce dont il a témoigné une grande joie.
Je lui ai fait la meilleure chère que j'ai pu. On m'a fait connaître qu'il désirait me donner la serviette à mon diner, ce qui a été exécuté, et dont il a témoigné grand contentement à plusieurs, auxquels il a parlé depuis.
Pour changer de discours, M. de Souvré est venu à moi me dire qu'il croyait que je n'entendais pas qu'il lit ce voyage à ses dépens, et qu'à cet elîet il fallait que j'écrivisse à M. de BuUion de lui donner de l'argent comptant pour faire son voyage. Je lui ai dit que je le ferais.
Deux heures après, j'ai reçu votre lettre qui sera cause que je le remettrai jusqu'à votre venue. Je crois que ce voyage n'est que pour avoir de l'argent et des lettres d'État, comme vous avez très bien dit, ce que je savais bien, et n'avais pas osé vous écrire. Je ne sais si je vous ai déjà entreteuu ou non de votre bonne œuvre, qui est de faire commandement par le chevalier du Guet à l'abbesse de Saint- Pierre de .Metz, qui est à Paris, de se retirer en son abbaye; on dit qu'elle vit dans Paris avec grand scandale.
J'accorde à .M. de BuUion le prieuré qu'il me demande, pourvu que vous jugiez que la personne pour laquelle il le demande en soit capable.
Lettre 271. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXL.)