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3. Le duc d'Estrées au roi, le 18 juin 1680 (ibid., t. CCLXV, p. 346-356).
1. Cette dépêche à Croissy est du 26 juin 1680 (ibid., t. CCLXVIII, p. 363-369 j.
ajouta Servient, que la censure des deux livres du Père Maimbourg était insoutenable, parce qu'ils ne sont qu'historiques et fondés sur le texte de divers auteurs non censurés»1. Tout le monde à Rome n'était donc pas ultramontain; mais le gallicanisme secret, muet, peureux, de quelques-uns, n'empêchait pas la curie de poursuivre le cours de ses prétentions et de ses vengeances.
Favoriti, pour rendre le Père Maimbourg suspect aux gallicans, usa d'un argument qui mérite d'être signalé. Le 4 juillet, il dit au Père Cambolas « que, si en France on y avait bien pensé, on n'y aurait jamais souffert l'impression des livres du Père Maimbourg: car, s'ils sont en quelques endroits injurieux à l'autorité du pape, dans d'autres ils apprennent la fermeté avec laquelle les souverains pontifes ont traité les empereurs et les rois, et c'est où on les renverra quand ils voudront se plaindre2. »
3. Un troisième coup était réservé à ce pauvre jésuite, qui semblait fournir de la matière à l'Index comme sur commande, et qui, par sa grande patience, servait de jouet et de point de mire à l'infatigable et cruelle camarilla. Louis XIV parut ne pas comprendre que le Père Maimbourg n'était, dans le jeu de la curie, qu'un homme de paille. On s'en prit en troisième lieu à son Histoire du luthéranisme. Servient écrivit, dès le 2 octobre 1680, à Colbert de Croissy: « L'auditeur de la nonciature écrit sur un nouveau livre du Père Maimbourg, dont il prétend que la lettre à M. l'archevêque de Paris (à qui il est dédié) est téméraire. Il ajoute qu'il faudrait s'en prendre au Père Oliva, général de la Compagnie, et il remarque que le portrait de l'abbé Gradi est inséré dans cet ouvrage. Je ne sais s'il en écrit sur sa propre lecture ou sur celle d'un autre. Je crois que c'est du Luthéranisme dont il parle; l'avis est secret et de bon lieu3. »