Ibid., p
qu'il trouvait cette condamnation « dure et violente », et qu'il en éprouvait de « l'indignation ». « Pour VHistoire du luthéranisme, dit-il, dans laquelle je n'ai trouvé aucune proposition qui mérite d'être censurée, je m'imagine que quelques endroits de l'épitre dédicatoire, l'errata et quelques portraits peu favorables de l'humeur et du procédé du pape, qui paraissent avoir été affectés, ont excité sa bile et son ressentiment. » Le cardinal engagea Louis XIV à faire examiner cet ouvrage par la faculté de théologie et à opposer ce jugement « au tribunal suprême du saint office, » afin de mortifier le pape, en lui montrant qu'on tenait ses censures pour nulles. « Ce livre, poursuivit-il, est d'une nature qu'il est impossible d'y trouver aucune proposition qui puisse être condamnée1. »
Enfin, Louis XIV sortit de son silence imprudent. Le 31 janvier, il écrivit de Saint-Germain au duc d'Estrées : « Sur l'avis que vous m'avez donné de l'ordre qu'on vous a dit être envoyé par le Père général des jésuitesau provincial de la province de Paris, de faire sortir le Père Maimbourg de cette société, j'ai ordonné que ledit ordre me fut rapporté, et j'ai cependant fait défense aux jésuites d'y obéir par ma lettre de cachet qui leur doit être rendue aujourd'hui. Je désire aussi que vous demandiez audience sur ce sujet à Sa Sainteté; que vous lui témoigniez que je ne puis croire que ce soit de son consentement, et encore moins par son ordre, qu'on tienne une procédure si irrégulière et si inouie contre un religieux qui n'est ni condamné ni même accusé devant ses supérieurs; et que, comme les maximes el les libertés de mon royaume ne peuvent souffrir l'exécution de semblables ordres et mandements des généraux, fai empêché qu'on y déférât, et j'attendrai ce que le pape aura répondu pour prendre d'autres résolutions sur cette affaire2. » Le