‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 142 sur 373 · Correspondance de Home, t. CCXC, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Home, t. CCXC, p

d'éclatant. » Mais le cardinal Ciboayant assuré le cardinal d'Estrées qu'il n'en était rien, celui-ci eut la naïveté de le croire sur parole etd'attaquer Servient auprès du roi1.

Son Éminence dut se résigner, le 17 juillet, à écrire au roi : « Depuis mes lettres du 10 et du 14 de ce mois, le bref qui condamne les ouvrages du Père Alexandre aparu. Et j'ai su que, depuis les nouvelles de la disposition à la trêve, on en a sollicité l'impression, qui se trouve même antidatée de quelques jours, parce que la cabale a cru que le pape faisant réflexion sur celte nouvelle, pourrait en arrêter la publication... Ce qui est de rare, c'est qu'en défendant la lecture sous des peines si rigoureuses, on n'en dit par la moindre raison, et l'on y comprend même un livre qu'il a composé pour la défense de la cour romaine et de la doctrine de saint Thomas, favorable à l'autorité du saint siège. Si le mémoire que je médite peut être prêt avant le départ du courrier, je le joindrai à cette lettre. » Le cardinal d'Estrées déclara au roi que cette « condamnation du Père Alexandre était injuste dans le fond et fort excessive dans les clauses, » que ce brefélait « insupportable, » et qu'il fallait le réprimer. Votre Majesté, dit-il, doit se plaindre « que le pape traite de criminels tous ceux qui soutiennent les anciennes maximes de votre royaume, et veut ôter à ses sujets la liberté d'écrire sur ces matières qu'aucun de ses prédécesseurs ne leur a jamais contestée, dont le cardinal de Lorraine et les évoques français, au milieu du concile de Tarente, ont fait profession publique, sans que ceux qui tenaient une opinion contraire les aient contredits2. »

Le lendemain 18, le cardinal d'Estrées pressa de nouveau Louis XIV de réagir énergiquement contre le bref, pour « rebuter le pape, dit-il, d'entrer dans un nouvel engagement» contre la déclaration du clergé. Il l'engagea à faire savoir au nonce «que, si on méprise quelque-

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