‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 144 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCXC, p. 315-32G · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCXC, p. 315-32G

et regretta même qu'on n'y eût pas indiqué lespropositions erronées, comme le voulait le cardinal Azzolini. Après la publication de ce bref, le pape, attendant avec impatience la façon dont il serait reçu en France, songeait à poursuivre sa campagne et à attaquer les propositions du clergé1.

Louis XIV, aussi faible qu'embarrassé, répondit de Versailles au cardinal d'Estrées, le 13 août : « Celle affaire me paraît d'autant moins pressante que le bref est fort vague et ne censure en particulier aucune des propositions des livres du Père Alexandre, en sorte qu'on n'en peut pas inférer que ce sont celles qui sont conformes à la déclaralion du clergé qui ont donné lieu à cette condamnation, et qu'ainsi tout le mal qui en peut résulter, c'est qu'elle peut intimider et même rebuter ceux qui sont les plus capables de bien défendre ces mêmes maximes, et c'est aussi ce qui mérite beaucoup d'attention. Si cependant la cour de Rome se porte à attaquer directement les propositions du clergé, elle me donnera plus de droit de laisser la liberté à ma cour de parlement de Paris d'agir comme elle a fait en pareil cas2. » Le 25, Sa Majesté ajouta : « Le nonce a voulu remettre entre les mains de Croissy la bulle du pape qui condamne les livres du Père Alexandre; mais on lui a dit qu'on ne voulait prendre aucune connaissance de ce que pouvait contenir cette bulle, et que c'était aux procureurs généraux de mes parlements, si elle venait jusqu'à eux, de faire les réquisitions qui seraient du devoir de leur charge, en cas qu'elle contînt quelque chose qui pût blesser directement ou indirectement les libertés de l'Eglise gallicane3. »

Le 3 septembre, le cardinal d'Estrées insista auprès du roi pour que l'on ne gardât pas, dans des circonstances aussi graves, un silence indifférent, mais pour que l'on

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