‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 145 sur 373 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

donnât au moins l'alarme au nonce. C'était bien peu, en vérité, que de se borner à faire peur à un simple nonce; et même, comme s'il eût eu peur pour sa propre personne, le cardinal d'Estrées fit remarquer au roi que le mémoire qu'il rédigeait sur la matière, tout en ne contenant ni « nouveaux moyens » ni « nouvelles réflexions, » avait cependant « besoin d'être chiffré, parce qu'en de certains endroits il paraissait un peu caustique, quoique sans aucune aigreur apparente1. » Le « grand nombre » des exemplaires du bref, que Rome avait envoyés au nonce Ranucci, ne fut pas distribué, tant celui-ci fut effrayé du discours que Colbert de Croissy lui tint, « alto assai, » sur ce sujet. Le cardinal Cibo se montra «'étonné » au cardinal d'Estrées, qui lui répondit qu'il les avait avertis, qu'on savait en France « que ce bref et ses clauses fulminantes étaient le pur ouvrage de V aigreur du pape et de la malignité de Casoni, » et qu'il en résulterait inévitablement des conséquences fâcheuses. Le 15 septembre, le cardinal d'Estrées avertit le roi que le pape était de plus en plus acharné sur la régale et sur les propositions du clergé, et que le seul moyen de l'arrêter était, de persuader au nonce que le parlement allait sévir contre le bref, de telle sorte que le nonce « se rendit suppliant » pour retenir le parlement. « Tout Rome, ajouta-t-il, choqué des duretés excessives de ce bref, paraît persuadé que le parlement ne demeurera pas dans le silence2. »

Néanmoins Louis XIV s'obstina dans son far niente. J'ai déjà cité sa déplorable dépêche du 28 septembre, dans laquelle il confessait au cardinal d'Estrées, entre autres choses, que son intention était de ne témoigner

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