Voir le t. II de cet ouvrage, chap. xvn, p
dans son Église romaine. — 5. Le pape est le perturbateur de toute la hiérarchie ecclésiastique. — 6. Les apôtresonl reçu également l'autorité du Christ (à Christo), Pierre pas plus que les autres. — 7. C'est par le bon plaisir des apôtres que l'un d'eux a présidé les autres. — 8. Le gouvernement de l'Eglise est aristocratique et non monarchique1. »
» Les propositions qui ont été publiées en Savoie, particulièrement dans les deux diocèses de Grenoble et de Genève, sont les suivantes, outre les cinq propositions de Jansenius condamnées par Innocent X et Alexandre VII :
1. La grâce n'est pas conférée par le sacrement, mais par les œuvres satisfactoires que le prêtre impose, œuvres qui doivent nécessairement être faites avant l'absolution et qui doivent être proportionnées aux péchés, attendu que l'absolution ne fait que déclarer que Dieu est satisfait. — 2. Le confesseur, en imposant au pénitent des œuvres satisfactoires avant l'absolution, le lie tellement qu'un autre confesseur ne saurait l'en dispenser, en lui imposant une autre pénitence et en lui donnant l'absolution. — 3. Il faut croire que celui qui fait de telles pénitences imposées et qui meurt sans l'absolution, est sauvé. — 4. L'usage d'absoudre avant que la pénitence ne soit accomplie, est un abus qui favorise l'impénitence générale, comme aussi les indulgences et le pouvoir d'absoudre que les papes ont donné aux religieux. — 5. Il est absolument nécessaire de se confesser à son curé, qui en doit rendre compte à l'évéque, comme celui-ci à Dieu. — 6. On peut révéler le secret de la confession principalement à l'évéque pour le bien du pénitent; ce n'est point violer le sceau, mais l'ouvrir (!) — 7. Il ne faut pas absoudre promptement , particulièrement celui qui a quelque mauvaise habitude ; il ne faut pas se fier à ses bonnes paroles touchant ses bonnes intentions, mais il
1. Traduction sur le texte latin, Correspondance de Rome, t. CCLIX, p. 67-68.
faut nécessairement en rechercher les preuves pendant quelque temps. — 8. Il ne faut pas absoudre un pénitent quand on prévoit qu'il retombera. — 9. La règle pour connaître la vérité et la tradition telle que nous la voyons dans les saints Pères, n'est pas l'Église. — 10. Un prêtre n'est pas en sûreté de conscience, même quand il suit l'opinion de quelque autre docteur, s'il ne suit pas le sentiment de son évêque, qui doit garder la vérité maintenue par ses très saints prédécesseurs, lesquels l'ont reçue de Dieu ; etici on ne parle ni du pape ni de l'Eglise. — H. Le pape n'est que le premier interprète; un évêque dans son diocèse possède le même pouvoir que le pape à Rome. — 12. Le gouvernement de l'Eglise est aristocratique. — 13. Le pape ne peut pas dispenser de la pénitence imposée par un évêque. — 14. Il est nécessaire de rétablir l'Eglise dans l'état où elle était dans les premiers temps, alors que les évêques ne dépendaient pas autant du pape, mais qu'ils gouvernaient leurs Eglises comme ils le jugeaient le plus à propos. L'autorité du pape a troublé toute la discipline ecclésiastique. — 15. Un prêtre qui n'a pas la vocation et qui ne peut remplir aucune fonction sacerdotale, ne peut conserver son bénéfice sans pécher gravement, même en cas de nécessité. — 16. Ceux qui ont recherché le sacerdoce ou un bénéfice, sans en avoir ni la capacité ni la vocation, doivent se démettre de leur bénéfice et n'accomplir aucune fonction sacerdotale. — 17. Les indulgences sont une nouveauté de l'Eglise moderne, déchue de l'antique discipline et tombée entre les mains de quelques jeunes gens. — 18. Il n'est pas bien de fréquenter la sainte communion, et la fréquente exposition du très saint sacrement est un abus des confréries (fraterie)1. »
Les huit propositions de la première série (texte latin) sont appelées « propositions de Chambéry », et les dix-