Le même au même, le 22 juillet 1688 {ibid., p
Le pape, de nouveau furieux, s'écria qu'il était mal servi et il ordonna que la congrégation se réunît le mardi suivant pour procéder à un examen plus scrutateur. « Ce bon homme, dit le cardinal d'Estrées en parlant de l'assesseur, racontant les particularités de son audience, a dit qu'il n'avait jamais rien vu de plus intraitable et de plus déraisonnable que le pape ce jour-là... Un des cardinaux m'a averti qu'il roulait dans l'esprit du pape un dessein d'attaquer la déclaration du clergé, non pas en condamnant la doctrine, mais comme une espèce d'attentat fait à son autorité, en décidant sur des opinions qu'il ne lui appartient pas de juger. Ce sera une nouvelle vue que ses conseillers lui auront inspirée, après avoir été convaincus de l'impossibilité de condamner les maximes du clergé de France. Il n'y a rien que l'aigreur du pape ne lui fasse imaginer et que la malice de ses conseillers ne lui suggère1. » '
Casoni et Scheelstrate montrèrent un véritable acharnement, pour déterminer les cardinaux et les théologiens de la congrégation à condamner comme hérétique au moins la proposition où les gallicans prétendaient qu'un agent du roi ne saurait être excommunié dans l'exercice de ses fonctions. Mais la majorité ne se laissa pas entraîner. C'est à cette occasion que le pape témoigna vouloir introduire dans son projet de condamnation la formule nouvelle : « Après avoir entendu des cardinaux et des théolologiens, » pour remplacer la formule ordinaire : « Après avoir pris conseil des cardinaux2. »
Le pape, pour gagner les cardinaux à son avis, leur avait fait remettre un mémoire dans lequel une censure spéciale était appliquée à chacune des quinze propositions extraites du discours de Talon, ainsi qu'aux trois propositions extraites de l'acte d'appel 3. Mais le cardinal d'Es-
1. Le même au même, le 13 août 1688 (Correspondance de Rome, t. CCCXV, p. 72-84).
2. Le même au même, le 18 septembre 1688 (ibid., p. 228-258).