‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 183 sur 373 · Ibid., t. CCCXYIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCXYIII, p

3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 11 mai 1688 (ibid., t. CCCXIV, p. 40-62).

congrégation Scheelstrate, que le commissaire du saint office sut habilement gagner à son avis. Scheelstrate vit ensuite le pape le 24 mai, et lui dit qu'il serait nuisible au saint siège de condamner les propositions. Le pape s'agita aussitôt, déclara qu'elles étaient hérétiques et qu'il ne pouvait pas ne pas les condamner; puis, s'adoucissant, il dit qu'au moins les vingt propositions devaient être qualifiées. Scheelstrate lui fit observer qu'on s'embarrasserait certainement dans cette qualification, attendu qu'elles avaient un double sens; et que, dès lors, le plus sûr serait de leur infliger une simple condamnation générale. Le commissaire du saint office parla naturellement au pape dans le même sens que Scheelstrate1.

Mais, quelques semaines plus tard, ce commissaire étant venu à mourir, Scheelstrate, sorti un instant de son fanatisme habituel, rentra aussitôt dans les vues du pape2. « Schelestrat, écrivit le cardinal d'Estrées le 22 juillet, eut ordre du pape de faire rassembler l'après-dinée du lundi les théologiens. Il alla en porter l'ordre à l'assesseur du saint office le dimanche, et lui dit qu'on avait trouvé dans les écrits quelques autres termes qu'on voulait joindre à cette proposition et qui pouvaient la rendre hérétique. Cette congrégation fut tenue, et j'ai appris qu'on n'avait rien changé au sentiment des théologiens et des cardinaux3. » En vérité, ce qui est le plus intéressant dans cette affaire, c'est de voir avec quelle ardeur le pape cherchait une hérésie comme une véritable bonne fortune, et avec quelle habileté il s'efforçait de combiner tel morceau de proposition avec tel autre pour tâcher d'arriver à un total hérétique!

Vers le 10 août, l'assesseur informa le pape de ce qui s'était passé dans la dernière congrégation et comment l' on avait opté pour une condam nation générale seulement .

1. Le même au même, le 25 mai 1688 (Correspondance de Rome, t. CCCXIV, p. 121-149).

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