‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 217 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCLXXXI, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXXXI, p

régahste et la camarilla voulaient le faire censurer par le pape et le faire chasser du conseil du roi. Elles répandirent le bruit qu' « il était d'intelligence avec les Révérends Pères de la Chaise etMaimbourg pour diminuer l'autorité de Sa Sainteté; que les bruits qu'on faisait courir contre Mgr l'archevêque étaient fondés sur des bastards; qu'on connaissait qu'à la vérité Mgr l'archevêque était très savant, mais que tous les bons évêques de la France le considéraient comme le plus grand ennemi de l'Eglise. » Selon Favorili, le pape aurait dit de ce prélat et du Père de La Chaise : « Il faut que ces personnes aient abandonné leur conscience. » « On est si fort persuadé à Rome qu'il n'y a que Mgr l'archevêque qui ait porté le roi à faire ses Déclarations, et qu'il pourrait, s'il le voulait, faire départir Sa Majesté de son droit, qu'on avait proposé, à Rome, de lui offrir an chapeau de cardinal, à condition qu'il porterait Sa Majesté à révoquer ses Déclarations. Ce que je sais, dit l'auteur de ce mémoire, parce que M. Favoriti en fil confidence au sieur Dorât, lequel en ma présence dit qu'on devait bien peser cela... On a assuré de même au pape, mais sans ordre de M. de Pamiers, que M. de Toulouse entretenait de mauvais commerce1. »

On peut juger, par ce détail, de la moralité de la cour de Rome : d'une part, elle tenait l'archevêque de Paris pour un schismatique, un homme de mauvaises mœurs, un vieillard de Babylone, digne de toutes les censures possibles; et, d'autre part, s'il avait seulement consenti à faire retirer par le roi les déclarations combattues par Rome, le pape lui aurait donné le chapeau de cardinal!

L'incident qui se produisit entre lui et Bossuet, à l'occasion du sermon que ce dernier devait prononcer le 9 novembre 1681 à l'ouverture de l'assemblée du clergé, dépeint bien son attitude doctrinale vis-à-vis du saintsiège. Bossuet raconta ainsi ce fait dans sa lettre du 1er décembre suivant au cardinal d'Estrées : « Je lus le

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