Ibid., t. CCLXXXV, p
représenta au pape « qu'il y avait des exemples, depuis cent ans, que ce prieur (de Prouille) n'était point électif, mais pour la vie, et qu'ainsi Sa Majesté avait beaucoup de sujet de se plaindre qu'elle ne le voulût pas laisser au même état qu'avaient fait plusieurs de ses prédécesseurs. » c< Je n'en pus tirer qu'une négative, ajoute le duc, s'excusant de ce que je lui demandais par une méchante raison, qu'elle ne le pouvait en conscience, et que, si ses prédécesseurs avait mal fait, elle ne voulait pas suivre leur exemple... Je lui répondis que c'était condamner aisément la mémoire de plusieurs papes et qu'il y avait peu de charité1. » Au mois de septembre suivant, le pape allégua au duc un prétendu bref de 1634, soUs Urbain VIII, déclarant que ce prieuré était électif; le pape lui promit de le lui communiquer. Mais quelque temps après, cette communication ne se faisant pas, le duc écrivit auroi qu'il n'avait aucune notion d'un tel bref et qu'il ne croyait pas qu'il existât « en nature2. » Nous avons déjà vu comment les religieuses de ce couvent trempèrent, en 1684, dans les agissements du dominicain Maillard et de la cabale ultramontaine3.
L'affaire de l'élection du général des dominicains eu 1685 fut un cligne pendant des affaires des capucins et des carmes, et celle du général des jésuites en 1687 offrit le même caraclère. Lesempiètementsde la curie sur l'ordre de la Trinité et de la Rédemption des captifs, en 1688, ne furent pas moins criants. D'après la règle laissée par Jean de Matha et Félix de Valois et approuvée par Innocent III, le généralat appartenait, dans cet ordre, aux religieux français; dix-sept généraux furent élus en France, depuis l'an 1358, surtout dans le couvent de Cerfroid. Le Père Pierre Mercier étant mort au mois de
1. Le duc d'Estrées au roi, le 18 juillet 1684 (Correspondance de Rome, t. GCXCII, p. 39-62).