Dépêche du 12 septembre 1684 {ibid., p
3. Le duc d'Estrées au roi, le 23 décembre 1684 (ibid., p. 411-420;.
ÉVÈCHÉS ET COUVENTS. 333
mai 1685, on lui donna pour successeur, le 20 mars 1686, le Père Teissier, administrateur de l'ordre pendant la vacance. L'élection se fit suivant les règles et les traditions. Mais, comme la curie voulait accaparer aussi la direction de cet ordre, elle organisa, à Rome même, un prétendu chapitre général, dans lequel ne se trouvèrent que des religieux italiens et espagnols, sans aucun député des huit provinces de France, sans aucun religieux portugais, etc. La congrégation des cardinaux décréta, le 4 décembre 1687, que l'élection du Père Teissier comme général étaitnulle; mais un mémoire d'origine française montra que ce décret des cardinaux renversait la règle et les statuts de l'ordre, et qu'il ordonnait plusieurs choses contraires aux lois du royaume, aux arrêts du conseil d'état, de Sa Majesté, du parlement, ainsi qu'aux droits de l'higlise gallicane1. Lavardin protesta, ainsi que le Père Teissier, contre les agissements de ce prétendu chapitre général2.
En juin 1682, le cardinal Cibo fit des observations au duc d'Estrées sur une défense d'élire des abbesses en l'absence des commissaires du roi, dans deux couvents alsaciens appartenant au royaume de France. Le 19 de ce même mois, le duc lit connaître à Son Éminence ce qui se passait ordinairement touchant ces sortes d'élections et même celles des généraux d'ordres dans les terres de l'obédience du roi de France3. C'était un usage de tout temps établi en Alsace et contre lequel il n'y avait jamais eu opposition, que l'on ne nommât des abbesses dans quelques abbayes de femmes qu'en présence des commissaires du roi, et cela, en vue d'empêcher les intrigues4. Rome combattait naturellement tout contrôle de cette nature, afin d'être plus libre et moins vue.