Le même au même, le 3 septembre 1684 (ibid., p
ÉVÈGHÉS ET COUVENTS. 335
donnés pour empêcher la prise de possession d'Ignace Bernardo du canonicat de l'église cathédrale de Cambrai. » Toutefois Sa Sainteté ne révoqua pas cette grâce. « C'est donc, ajouta le duc, M, l'archevêque de Cambrai qui en profitera1. »
En présence de toutes ces intrigues ourdies par Rome pour s'assujettir le clergé, surtout le clergé régulier, le cardinal d'Estrées engagea maintes fois Louis XIV à réfléchir « sur l'intérêt qu'aurait Sa Majesté que les réguliers de son royaume ne dépendissent que de supérieurs qui fussent nés ses sujets 2. » D'après Son Éminence, les religieux français ne devraient être sous la dépendance d'aucun général étranger, afin d'être moins exposés à l'esprit désastreux de la curie romaine 3. Il pressa activement l'exécution du projet qu'avait le roi de rendre indépendants des provinciaux étrangers les couvents des jésuites situés dans les pays nouvellement conquis. Louis XIV, qui prit quelquefois des mesures énergiques envers certains religieux plus ou moins remuants, ne fit rien pour améliorer l'état des ordres religieux mêmes. On trouve de lui ça et là, dans les dépêches, quelques paroles banales ; par exemple, il écrivit de Fontainebleau, le 30 septembre 1G83, pour ordonner que, dans la commission imposée par le général des capucins au Père Nicolas de Dijon, ex-provincial de la province de Lyon, « il n'y eût rien de contraire aux saints décrets et concordat passé entre le saint-siège et son royaume, franchises et libertés de l'Église gallicane 4. » Mais de tels ordres, toujours si faciles à éluder, ne pouvaient évidemment pas arrêter la marée romaine toujours montante.
Les résultats de ces intrigues romaines sur la vie reli-