‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 237 sur 373 · Ibid., t. CCLXXXVT, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXXVT, p

gieuse en France furent désastreux. Ces intrigues, en effet, tendaient à étouffer le patriotisme des religieux au bénéfice du pape, sous prétexte de la sainte obéissance due au supérieur. Lavardin le comprit, lorsqu'il écrivit, le 30 mars 1688 à Louis XIV : « Pour les (religieux) mendiants, ce sont des insectes également faibles et malins, dont on peut attendre toute méchanceté ; c'est un malheur dans un État, et quand ils endossent le cuculle, ils s'attachent à un autre monarque que celui que la Providence leur a donné pour maître souverain *. »

Ces intrigues semaient et entretenaient parmi les religieux des divisions funestes, source de beaucoup d'autres désordres. Par exemple, dans sa dépêche du 9 décembre 1684, le cardinal d'Estrées signala au roi des troubles dans Tordre de Citeaux : les quatres premiers abbés de cet ordre voulant intenter un procès à l'abbé de Citeaux, avaient envoyé à Rome un représentant, tandis que l'abbé de Citeaux y était représenté par l'abbé de Tamies, procureur général de l'ordre. Le cardinal d'Estrées s'efforça de régler ce différend et de le soustraire à la congrégation des évoques et réguliers, laquelle, étant défavorable à la France, n'aurait pas manqué de le faire traîner en longueur 2. Le luxe de l'abbé de Citeaux était bien connu; lorsqu'il visitait les couvents de son ordre, il était accompagné de nombreux religieux, domestiques, chevaux, carrosses et équipages 3.

D'après une dépêche du cardinal d'Estrées, du 31 mai 1689, le couvent des religieux conventuels d'Avignon, l'un des plus considérables de la province de Saint-Louis, était fort divisé 4.

L'ordre de Cluny avait grand besoin d'une réforme, et

Page 1