‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 252 sur 373 · Ibid , p · texte numérisé non relu

Ibid , p

lui une affaire de conscience, et il l'avertit que son auditeur avait ordre de communiquer aux personnes que Sa Majesté désignerait les raisons qui avaient dirigé la congrégation dans sa décision1. Les 14 et 21 du même mois, Servient envoya à Pomponne deux mémoires sur ce débat -. Le 26, le duc d'Estrées déclara au cardinal Cibo qu'après avoir conféré de cette affaire avec le jésuite Fabri, il était « moins persuadé que jamais que la conscience du pape pût être blessée d'accorder la perpétuité des abbesses. » Le cardinal ayant prié le duc de lui envoyer ce Père ce jour même, le Père y alla. Le cardinal lui remit les mémoires qui combattaient la demande du roi, et le pria de lui apporter le lendemain les réponses qu'il pourrait y faire. Ce Père assura le duc qu'il démontrerait « que les raisons contenues dans ces mémoires n'étaient pas si bien fondées que l'on croyait au palais3. »

Le 3 janvier 1679, le cardinal Cibo fit dire au duc d'Esteés « que Sa Sainteté était affligée au dernier point, et qu'il ne pouvait assez le lui représenter, de ce qui avait été fait dans un couvent d'urbanistes de Toulouse, où l'on a mandé à Sa Sainteté que l'on avait mis par force et avec des soldats une abbesse, qui même n'est point de ce couvent; que l'on avait maltraité l'ancienne abbesse et blessé à la tête, que l'on avait abattu des murailles et que les soldats avaient été toule la nuit dans ce couvent. » « Le cardinal Cibo, ajouta le diic, n'a point parlé de la conférence qu'il avait témoigné vouloir avoir avec le Père Fabri sur ce sujet, et je n'ai pas cru présentement l'en devoir presser, ayant estimé que je devais attendre à être informé des fortes raisons que M. de Pomponne me doit envoyer 4. »

Cet incident de Toulouse fit naturellement grand bruit dans la curie et dans la chambre du pape. L'abbé Servient

1. Le duc d'Estrées au roi, le 13 décembre 1678 (Correspondance de Rome, t. CCLVIII, p. 170-181).

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