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3. Le duc d'Estrées au roi, les 8 et 9 novembre 1678 (ibid. p. 94-101).
si l'on pouvait imaginer en France quelque moyen pour sauver la conscience du pape, il lui serait extrêmement obligé de le lui vouloir communiquer aussitôt, afin de l'examiner avec Sa Sainteté, qui serait très aise qu'il s'en pût rencontrer. » Le cardinal Cibo se montra « fort affligé et môme surpris » que le marquis de Pomponne eût écrit que la grâce relative aux urbanistes dépendait uniquement de la volonté du pape, et que ses prédécesseurs en avaient accordé de plus considérables *. « Je répondis au cardinal Cibo, écrivit le duc au roi, que Votre Majesté ne doutait pas de la sincérité du pape, mais bien de celle de ses conseillers, dont les uns, par leur partialité pour l'Espagne, verraient avec regret une parfaite intelligence entre Votre Majesté et le pape, et que d'autres, qui se montraient affectionnés à Sa Sainteté et qui ne l'étaient néanmoins qu'en apparence, ne souhaitaient pas la gloire et l'avantage de son pontificat, qui dépendaient principalement de Votre Majesté 2. »
Pomponne comprit le piège tendu par le Père Lauria. « Je doute, écrivit-il au duc le 2 décembre, que l'expédient que le Père Lauria vous a proposé puisse réussir, parce qu'il y a peu de ces filles qui demandent d'avoir des abbesses. La chose dépend purement de l'autorité du pape, et la considération de plaire à Sa Majesté devrait bien porter Sa Sainteté à l'accorder 3. » Le 9, le roi ajouta : « L'on vous prépare de fortes raisons pour persuader de la justice de l'affaire des urbanistes, et je crois pouvoir vous les envoyer la semaine prochaine 4. »
Le 13, le pape ayant prié le duc d'Estrées de venir conférer avec lui, le duc le supplia d'imiter Clément IX, « ce grand pape, » et de donner satisfaction au roi de France. Le pape l'assura de nouveau que cette affaire était pour
1. Le même au même, le 15 novembre 1678 (Correspondance de Rome, t. CCLVIII, p. 107-115).
2. Dépêche du 29 novembre 1678 (ibid., p. 139-147). 3 Ibid., p. 155.