Correspondance de Rome, t. CCLIX, p
frère dudit archevêque, elle avait été installée par force comme abbesse de cette maison, en novembre 1678, avant d'avoir obtenu des bulles du pape; et que les soldats qui avaient exécuté cette violence étaient restés toute la nuit dans le couvent1.
En envoyant à Pomponne copie de ce mémoire, Servient y fit une réponse, dans laquelle il prouva que le brevet du roi était irréprochable, ainsi que la conduite tenue par l'archevêque de Toulouse pour faire exécuter ce brevet; que l'emploi de la force était légitimé par la résistance illégale des religieuses aux ordres du roi; que, si les gens employés à cet effet avaient commis des excès, il faudrait s'en plaindre, mais que « plus le nombre de ces personnes avait été grand, moins il y avait pu avoir de désordre; » que, si le guet était resté la nuit dans le couvent, c'avait été aux portes, pour empêcher les religieuses de s'évader et les personnes du dehors de s'introduire, « ce qui était éviter les scandales, au lieu de les faire naître, comme l'auteur du mémoire en faveur des religieuses rebelles le voudrait faire comprendre, colorant leur rébellion de fausses couleurs, qui n'empêchent pas de discerner que des filles qui ont pu résister à l'autorité légitime des arrêts de leur roi sont capables et de supposer des violences et de les faire elles-mêmes2. » Le 12, Servient ajouta, dans une nouvelle dépêche à Pomponne, que l'appel des urbanistes de Toulouse à Rome était irrégulier et mal fondé : irrégulier, parce qu'il devait être adressé au primat, c'està-dire à l'archevêque de Narbonne, et non à Rome; mal fondé, parce que les religieuses ne pouvaient pas en appeler à Rome d'une ordonnance rendue par l'archevêque de Toulouse, en exécution d'arrêts royaux qui lui ordonnaient de pourvoir au spirituel de l'abbaye, attendu que les jugements du roi et de ses commissaires ne pouvaient pas être soumis à la cour de Rome3.