Ibid., p
Pendant ce temps, le cardinal Gibo se plaignit au duc d'Estrées des événements de Toulouse. Le duc en profita pour lui montrer combien il était urgent d'accorder la perpétuité des abbesses, au moins dans l'intérêt des urbanistes, sinon à la prière du roi. En outre, la solution de cette affaire en amènerait certainement d'autres. Le 9 janvier, ce même cardinal envoya demander au Père Fabri ses réponses aux mémoires précités; ce Père, en les lui remettant, lui dit « qu'il espérait qu'elles feraient connaître à Son Éminence non seulement que le pape pouvait en conscience accorder la perpétuité des abbesses dans cet ordre, mais même qu'il le devrait, puisque Sa Sainteté ne pouvait rien faire de plus avantageux pour la religion que de s'acquérir entièrement l'amitié de Sa Majesté1. »
Le 17 janvier, le duc d'Estrées écrivit à Louis XIV : « Le cardinal Cybo m'a fait savoir qu'il n'y avait que deux jours qu'il avait parlé de celte affaire au pape, en lui disant quelque chose des raisons du Père Fabri, mais que Sa Sainteté lui avait répondu que toutes les personnes qu'elle avait consultées sur la perpéluité des abbesses lui avaient dit qu'il ne pouvait l'accorder en conscience, et qu'ainsi il ne fallait pas qu'on prît aucun engagement avec moi sur les raisons du Père Fabri; qu'outre cela, l'affliction qu'avait eue Sa Sainteté sur ce qui s'était passé dans le couvent de Toulouse, était présentement fort augmentée par des relations de Narbonne et de Metz, qui portent que l'on en avait usé, dans des couvents de ces deux villes, de la même manière que dans celui de Toulouse2. »
Qui n'admirerait, dans toutes les banales péripéties de cette négociation, la persévérance du duc d'Estrées, persévérance qui n'avait d'égale que la superficialité de ses raisonnements; l'obstination du pape, les lenteurs calculées du cardinal Cibo, cette patience avec laquelle la curie romaine savait tourner perpétuellement dans son