Ibid., p
circonstance. Le cardinal Rospigliosi expliqua au pape l'utilité d'une telle conférence, « mais le pape ne se déclara pas de la vouloir accepter1. »
Le 5 décembre, le duc d'Estrées raconta ainsi au roi sa dernière audience : « Touchant les urbanistes, le pape me répondit que l'on ne pouvait pas dire que ce fût un droit acquis à Votre Majesté et aux rois ses prédécesseurs, puisque généralement tous les couvents de religieuses n'étaient point compris dans le concordat, et que c'avait toujoursété partolérance que l'on avait accordé des bulles aux personnes qui avaient été nommées par Votre Majesté et parles rois ses prédécesseurs. Sur quoi je lui dis que, si ceux qui avaient examiné les raisons contenues dans les mémoires qui m'avaient été envoyés, en avaient fait un fidèle rapport à Sa Sainteté, ils auraient pu lui dire que les termes du concordat comprenaient également les couvents de religieux et ceux de religieuses, dont Sa Sainteté ne voulait pas convenir; et la conclusion fut qu'il ferait examiner de nouveau cette affaire eu particulier et par quelques personnes qui n'avaient pas été des congrégations où elle avait été traitée2. »
Le duc eut une autre audience, qu'il résuma ainsi dans sa dépêche du 26 à Louis XIV: a Ayant témoigné au pape que j'avais à lui parler sur les urbanistes, il ne me laissa pas achever, et il me dit qu'il avait destiné i\es personnes pour examimer cette affaire. Je lui répondis que cela n'était plus nécessaire, parce que apparemment ce nouvel examen ne servirait qu'à confirmer Sa Sainteté dans les sentiments si peu fondés qu'on lui avait inspirés; que, du reste. Votre Majesté ne se désisterait jamais de cette demande, qui était une justice et non pas une grâce, comme je lui avais fait connaître tant de fois. Sa Sainteté me représenta qu'il fallait que je ne fusse pas bien informé
1 . Le duc d'Estrées au roi, le 15 novembre 1679 (Correspondance de Rome, t. CCLXIII, p. 57-67).
Î.Ibid., p. 111-157.
du fond de cette affaire, d'en parler de la manière que je faisais, et voulut entrer dans une grande discussion. Mais, bien loin de lui donner lieu de le faire, je lui dis en peu de paroles qu'il était très certain que j'avais une plus parfaite connaissance de l'affaire des urbanistes que ceux dont elle avait voulu prendre des avis, et que ces gens-là lui avaient conseillé de faire une injustice à Votre Majesté1. »
Dans une dépêche non datée, mais qui est vraisemblablement du 4 janvier 1680, Louis XIV manda au duc d'Estrées : « A l'égard des urbanistes, sans vous départir de la demande de l'induit général2, ne laissez pas de faire expédier toutes les abbayes que le pape voudra3. »
Environ dix jours après, le pape, s'entretenant avec le duc, aborda de lui-même la question des urbanistes, reconnut que ses prédécesseurs avaient autrefois accordé aux rois de France la nomination des abbesses, et il se montra aussi disposé à l'accorder, mais seulement dans certains cas. Le duc répliqua que le roi la voulait pour tous les cas4. Louis XIV, ébranlé parla résistance du pape, commença à fléchir, et le 22 mars il écrivit au duc d'Estrées : « Comme le pape vous a assuré que, si, par des raisons particulières, je me contentais de demander des bulles pour deux ou trois abbayes des urbanistes, il voudrait bien me les accorder, je m'assure qu'il ne fera plus de difficulté de me les donner pour Longchamp, Saint-Marceau et Moncel, pour lesquelles je vous ai écrit le 16 février3. »
Le duc s'acquitta de cette commission, tout en priant le pape de récompenser le zèle religieux du roi, en lui accordant encore des bulles pour d'autres couvents que