Docteur régent de Toulouse
une partie des plus libertins par la facilité avec laquelle il leur avait donné les sacrements1. »
Le 7 mai 1681, l'abbé de Servient avertit M. de Groissy qu'on méditait à Rome et ailleurs quelque coup contre les jésuites. « On m'assure même, dit-il, que leurs ennemis de France ou de Flandre ont depuis peu fait insinuer au pape qu'il faudrait que Sa Sainteté, par une ordonnance générale, privât tous les réguliers du monde du pouvoir de confesser hors de leurs églises, couvents ou maisons, et qu'elle les exclût aussi de pouvoir être curés de paroisses, le tout sous peine d'excommunication et d'être chassés de leurs religions. » Servient ajouta que ce serait un moyen d'éviter les troubles causés par ces religieux « plus courtisans que religieux; » car pape et rois ont actuellement des religieux pour confesseurs ; les religieux sont partisans des princes et non de l'Église, et ils sèment dans toutes les cours une morale relâchée2. Telle était l'opinion de Servient même, sur les Nitard, les Peters, les Annat, les Ferrier, les de La Chaise, etc.
Dans son second mémoire (1682), de La Borde n'accusa pas seulement le Père de La Chaise, mais toute la compagnie des jésuites. Il y répéta, au chapitre X, les faits qu'il avait déjà exposés dans son premier mémoire ; ses répétitions sont presque dans les termes mêmes du premier mémoire; il y remarqua toutefois qu'il assista personnellement à la conférence, où M. Julien, prêtre de Toulouse, dit, en présence de Tévêque de Pamiers, qu'il ne fallait pas permettre aux jésuites d'administrer les sacrements, parce que Dieu les avait livrés au sens réprouvé. Le témoignage de de La Borde sur ce que l'évêque de Pamiers écrivit a d'autant plus de valeur, qu'il fut lui-même son
1. Corr. de Rome, l. CCLXVIII, p. 100-116. — Ce Père jésuite de Montauban était le recteur du collège ; il se nommait Barges. Le mot qui lui est attribué est ainsi formulé ailleurs : « Pauvre pape, pauvre pape, si tu ne prends garde, on te donnera d'un patriarche par le nez. » Cf. J. Th. Loyson, L'Assemblée de 1682, p. 66.