Ibid., t. CCLXXV, 1er suppl. de 1681, p
secrétaire. Il ajouta dans ce même chapitre X : « Et en dernier lieu, on fit à Rome une lettre sur un blanc-signé de M. de Pamiers, dans laquelle on lui faisait dire au pape que le jansénisme servait de prétexte aux jésuites et à M. de Paris pour calomnier tous les gens de bien; que M. de Pomponne n'avait élé destitué qu'à cause principalement qu'il était accusé de favoriser ceux qu'on appelle jansénistes;... que les jésuites avaient si peu de respect pour les censures de la cour de Rome, qu'ils enseignaient encore maintenant, à Toulouse, les dernières propositions condamnées ; et qu'enfin on avait plusieurs marques qui faisaient connaître que les jésuites travaillaient à diminuer V autorité de Sa Sainteté, comme il paraissait dans les livres du R. Père Maimbourg, lesquels il n'avait pu faire imprimer sans la permission de ses supérieurs suivant leurs règles1. »
Tel était le double jeu des jésuites de France : ils se posaient en défenseurs de la morale et de lasainteté, et leur conduite était corrompue; ils se donnaient comme les éducateurs modèles de la jeunesse, et leurs maisons cachaient des désordres ; ils se riaient, les uns du gallicanisme, les autres de l'ultramontanisme, les uns du roi et de ses maximes traditionnelles, les autres du pape et de ses prétentions.
Douai ayantété longtemps, comme les Flandres, sous la domination espagnole, le papisme espagnol s'y développa plus qu'en France, et l'annexion de cette ville à la France en 1667 ne diminua rien de ses tendances ultramontaines. Les jésuites y avaient un collège et y enseignaient dans le sens de l'omnipotence papale. A l'occasion d'une difficulté qui surgit entre ce collège et l'évêque d'Arras, Louis XIV écrivit au duc d'Estrées le 25 juin 1678 : « Je joins à cette dépêche la copie (envoyée?) par le collège des jésuites de Douai à la congrégation du concile et la
1. Correspondance de Rome, t. CCLXXXII, 3e suppl. de 1682, p. 213-246.
lettre de la même congrégation à l'évêque d'Arras. Comme ces sortes de congrégations de Rome nont aucune autorité dans mon royaume, j'ai ordonné au dit sieur évêque d'Arras de n'y avoir aucun égard. C'est ce que je désire que vous fassiez connaître au cardinal Cybo, afin que telle chose n'arrive plus à l'avenir. » Sa Majesté ne veut pas juger le fond de cette affaire; « c'est la forme seulement, dit-elle, à laquelle je ne veux point que les évêques de mon royaume soient soumis1. » Le duc répondit au roi le 12 juillet : « Je m'étonne que l'on ait pu s'imaginer ici que l'on reçût en France les décrets des congrégations, principalement après que j'ai déclaré plusieurs fois dans ce pontificat et dans l'autre qu'on ne les reconnaissait pas2; » et le 13 septembre : « J'ai reparlé depuis peu de cette affaire au cardinal Cybo et aussi à M. Brancaccio, neveu du feu cardinal de même nom et secrétaire de la congrégation du concile, et j'ai sujet de croire que les choses en demeureront où elles sont, selon que Votre Majesté l'avait souhaité3. »
Le 30 juillet 1682, le cardinal d'Estrées manda au roi : « J'ai appris avec certitude qu'on avait écrit par ordre de Sa Sainteté, samedi dernier, à quelques universités, pour les engager à soutenir X autorité du pape et à combattre la déclaration du clergé. Celles qu'on m'a nommées sont Cologne et Douai, goucernées par les jésuites et qu'on suppose fort prévenues des opinions de la cour romaine 4. » Le 9 mars 1683, le recteur et le conseil de l'université de Douai adressèrent une lettre à Louis XIV, pour lui demander d'être exempts d'enseigner la déclaration de l'assemblée de 1682 ; les raisons qu'ils firent valoir étaient que la doctrine de cette déclaration était inouïe à Douai ; qu'avec elle ils ne voyaient pas la possibilité de résister aux jansénistes, la doctrine de Jansé-
i. Correspondance de Rome, t. CCLVI, p. 269-270.