Correspondance de Rome, t. CCLX, p
reté de la foi et de l'honneur et de la paix de l'Église, qui sont l'unique motif des dépêches de Sa Majesté sur ce sujet; — qu'elle attend avec impatience l'effet des saints mouvements du pape contre les auteurs de ces scandaleuses propositions, soutenues publiquement dans l'université de Louvain, et se le promet sans mélange d'aucun incident capable de diminuer la douceur des consolations qu'elle en recevra par l'intérêt qu'elle prend au bien delà religion ; — qu'au reste, elle ne peut assez estimer la bonne foi avec laquelle il a plu à notre Saint Père de lui garder le secret, ni vous témoigner combien l'exactitude de M. le cardinal Gybo et lavôtreàen user de même, lui est agréable l. »
On remarquera que celte correspondance contre les jansénistes se faisait par voie détournée, de manière à échappera Pomponne; c'était le secrétaire particulier du roi qui écrivait au duc d'Estrées, et le duc d'Estrées répondait directement au roi par lettres particulières non chiffrées, qui échappaient ainsi au secrétaire du chiffre.
J'ai traité en particulier cette affaire des propositions de Louvain, et je n'y reviendrai pas ici. Celle de Port- Royal des Champs, de cette célèbre abbaye que Louis XIV devait faire raser en 1710, n'est pas moins intéressante. Le 18 août 1679, Louis XIV écrivit de Saint-Germain au duc d'Estrées qu'il voulait assurer en France l'unité de religion, extirper ce qui y restait delà secte de Jansénius, et, dans ce but, « rentrer dans son droit de nomination à l'abbaye de Port-Royal des Champs. » Il lui envoya, pour justifier cette résolution, un mémoire, avec prière de le lire au pape et au cardinal Cibo, « pour faire connaître au pape l'importance de ce changement. » Louis XIV réclamait pour cette négociation le même secret que pour l'affaire des Lovanistes 2. Sa Majesté et le Père de La Chaise craignaient le grand jour.