‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 297 sur 373 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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gieuses de Port-Royal des Champs avaient envoyé à Sa Sainteté leurs constitutions, afin qu'elles fussent approuvées d'elle, et qu'elle les faisait examiner « pour résoudre ce qui serait de la raison. » Elles étaient « affligées de ce qui s'était passé dans leur couvent, » elles protestaient de leur innocence contre tout ce qu'on leur imputait, et elles demandaient ce qu'elles avaient à faire pour le salut de leurs âmes *. Le duc représenta au pape que, si la demande du roi était rejetée, il en résulterait de grands inconvénients, ce qui causa au pape « un très grand embarras. » Sa Sainteté ne se prononça ni dans un sens ni dans un autre, se bornant à dire « qu'elle aurait de la peine à consentir à cette nomination qu'elle ne fût mieux instruite de ce qui la pouvait regarder2. »

Le 17 novembre, Louis XIV écrivit de Saint-Germain au duc d'Estrées par M. Rose : « En tout cas, je vous ordonne de nouveau de redoubler vos offices en mon nom préférablement à mes autres affaires sans excepter celle des induits, parce que, dans la disposition présente des esprits en ce royaume, c'est le bien de la religion de ne perdre pas un instant à réprimer l'insolence de ceux qui se sont vantés d'avoir obtenu la révision des décrets contre la doctrine de Jansénius, à censurer avec éclat leurs détestables propositions, et à me remettre dans mon droit de nomination à l'abbaye du Port-Royal de Champigny 3. »

Le même jour avait lieu à Rome, à la prière du pape, une conférence entre le duc d'Estrées et le cardinal Cibo. Son Eminence dit au duc « que Sa Sainteté souhaiterait bien que Sa Majesté agréât qu'elle pût, avant toutes choses, savoir ce que les religieuses avaient à répondre à ce qui avait été allégué sur le sujet. » Le duc répondit qu'il était surpris des choses que le pape l'avait chargé de dire à

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