Ibid., p
Sa Majesté, puis il lui lut les lettres du roi relatives à cette question. Le cardinal trouva «juste » la demande du roi, avoua qu'il ressentait un extrême déplaisir de la résistance du pape, et promit de lui en reparler, sans pouvoir toutefois fixer l'époque d'une réponse l. Cinq jours après, le cardinal Cibo écrivit deux lettres à Louis XIV; dans la première, il toucha à l'affaire de Port-Royal, mais en se bornant à des banalités 2.
C'est alors qu'arriva la disgrâce de Pomponne. Une lettre de Colbert, datée de Paris le 24 novembre et adressée au duc d'Estrées, priait ce dernier d'attendre jusqu'au prochain ordinaire l'explication des volontés de Sa Majesté , parce qu'il n'avait encore entendu sur l'affaire de Port-Royal que les explications de l'archevêque de Paris, et que M. Rose devait lui remettre incessamment des dépêches 3. Le 2 décembre, Louis XIV écrivitde Saint- Germain au duc : « Sur votre lettre particulière du môme jour touchant l'abbaye du Port-Royal des Champs, je vous avoue que j'ai été extraordinairement surpris de ce que vous a dit le cardinal Cybo, que le pape était en résolution de communiquer aux religieuses de cette abbaye le mémoire qui a été envoyé à Rome sur leur conduite et leurs opinions ; et il est bon que vous sachiez, pour en informer le dit cardinal, que ce mémoire n'est autre chose qu'un extrait des informations qui ont été faites dans cette abbaye par le feu archevêque de Paris et par celui d'à présent; en sorte qu'étant authentiques, puisqu'elles sont faites par l'évêque diocésain, supérieur légitime de cette abbaye, ce mémoire l'est aussi ; et si Sa Sainteté avait exécuté sa résolution, ces religieuses seraient obligées de lui rendre raison de leur conduite et de leurs sentiments; les docteurs engagés dans cette faction ne manqueraient pas d'écrire, c'est-à-dire que l'Eglise de mon royaume
1. Le duc d'Estrées au roi, le 18 novembre 1679 (Correspondance de Rome, t. CCLX1K, p. 84-88).