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Molinos ; que celui-ci lui écrivait souvent, la traitant de cara mia; qu'elle cherchait à gagner à sa cause le cardinal d'Estrées chez la marquise Bevilaqua. « Ce docteur, dit-il, n'a que le cardinal Azzolin, un peu le cardinal Lauria et Casoni, qui le soutiennent1. »
On a prétendu que Molinos était un homme de grande vertu, et des historiens l'affirment encore2. Les détails qui précèdent lui enlèvent déjà quelque peu son masque; nous verrons ce qui en restera à la fin de cette étude.
Dans sa dépêche du 24 juillet, le cardinal d'Estrées raconta ainsi à Louis XIV une scène curieuse et considérable, qui se passa au saint office le mercredi précédent : « Le docteur Molinos, Espagnol établi dans Rome depuis douze ou quatorze ans, fondateur dans ce pays-ci de l'oraison de quiétude ou de pure contemplation et de présence de Dieu, y fut dénoncé. » La principale maxime qu'on lui attribue, « c'est que, quand l'entendement parvient à un degré d'élévation qui attache l'âme incessamment à Dieu et qui attire cette volonté à cette sainte union, quelques désordres et quelques soulèvements qui se passent dans les sens et dans la partie inférieure, on ne les doit plus regarder comme des péchés, mais tout au plus comme des sensations et des efforts inutiles du démon. » Il imprimason livre il y a quelques années. On le déféra au saint office, et on y trouva des propositions « que plusieurs estimaient dignes d'être censurées. Cependant, comme Favoriti, qui avait une étroite liaison avec lui, avait inspiré au pape une grande estime de sa piété, et le cardinal Azzolin voulant peut-être accréditer sa dévotion naissante en se rendant protecteur d'un homme qu'on croyait si saint,... son livre fut mis à couvert; et par beaucoup d'intrigues on fit condamner deux lettres