Correspondance de Rome, t. CCXCVII, p
2. On lit dans le Deutscher Merkur du 12 avril 1879, p. 113 : « Molinos war ein aufrichtig frommer und sittlich unbescholtener Mann. »
qu'un jésuite, nommé Segnori(Segneri), grand prédicateur et confident du grand-duc de Toscane, avait écrites pour en marquer les défauts1. On rapporta mercredi dans la congrégation les choses qui avaient été découvertes ou ramassées depuis quatre ou cinq mois, dans lesquelles le docteur Molinos parut assez chargé pour faire ordonner, par un consentement unanime des consulteurs et des cardinaux, qu'on le ferait arrêter et qu'on le mènerait dans les prisons du saint office. Le cardinal Azzolin même, qui avait fait beaucoup de diligences pour empêcher que cetie affaire ne fût portée à la congrégation , suivit l'avis commun sans rien dire, et depuis n'a pas en public ouvert la bouche en sa faveur. Il l'avait introduit comme une espèce de directeur chez la reine de Suède. Il allait l'entretenir toutes les semaines sur la matière de son oraison ; il se servait de ses carrosses et se parait même d'une espèce de domesticité. Cependant il se vantait d'avoir dix mille âmes dans Rome ou dans les environs sous sa direction, et ses premiers disciples le révéraient comme un saint. Le pape est si prévenu en sa faveur, que l'assesseur, n'ayant osé exécuter le décret de la congrégation sans ordre, eut de la peine à l'obtenir, quand il alla lui en rendre compte, se récriant par plusieurs fois qu'on allait scandaliser un homme de bien et que le saint office devait bien prendre garde de faire une fausse démarche. Cependant l'assesseur lui représenta si bien l'importance et la nécessité de cet emprisonnement, qu'enfin il y donna les mains. La reine de Suède lui continue sa protection; elle envoie presque tous les jours savoir de ses nouvelles dans la prison, et le fait recommander à ceux qui le gardent.
» Ce docteur a tiré la matière de son livre du traité d'un nommé Malval, Provençal demeurant à Marseille et aveugle depuis longtemps. 11 a même été plus loin que lui dans les idées de cette contemplation... On trouva beau-