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de cette folle de sa propre main. On voit le fond des maximes de cette secte sur l'inutilité de toutes sortes de mortifications, quand on est parvenu à cette oraison de foi, de présence et d'union, dans ce qui nous fut rapporté, qui est tiré de la vingt-cinquième partie de ses écrits. On n'y remarque pas encore de sensualité1. »
L'inquisition de Tarragone publia vers ce temps un décret contre le molinosisme. Le cardinal d'Estrées, en envoyant à Louis XIV une copie de ce décret, lui apprit que les partisans de Molinos était très attristés, surtout « devoir son livre et sa doctrine aussi maltraités dans son pays que sa personne l'était à Rome, » et que l'inquisition de Madrid avait condamné l'un et l'autre « très rudement 2. »
Pour relever le parti quiétiste, qu'il considérait toujours comme dévoué à la cause de la piété, Innocent XI nomma cardinal Petrucci, évèque d'Iési et quiétiste. Le cardinal d'Estrées, rendant compte au roi de la célèbre promotion de cardinaux du 2 septembre 1686, s'exprima ainsi à ce sujet : « Il a fait entrer aussi un évêque d'Iési, quoique déféré au saint office pour l'affaire des quiétistes, homme sans vue et paraissant pieux, mais d'ailleurs sans naissance, sans doctrine, hors celle de sa spiritualité mystique de ses saints et de ses théologiens. Il passe pour nuire à M. de Beauvais, à l'évêque de Varmie, jeune et sans science ecclésiastique, et passant pour le moins réglé de tout le clergé polonais. M. de Béthune me l'a écrit ainsi; c'est beaucoup dire, car il est dans un grand relâchement 3. » Le 10, le cardinal d'Estrées manda que, d'après l'opinion publique, le cardinal Petrucci était « fort occupé de l'oraison de quiète; » qu'il avait fait un livre, qui avait été réfuté au saint office, mais qu'il avaitécrit depuis avec soumissionau saint siège4.