‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 331 sur 373 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

S.lbid., t. CCCV, p. 74-94.

461 LOUIS XIV ET IiNNOCENT XI.

en toutes choses au jugement de la congrégation, on se prépare à lui en faire faire au plus tôt une abjuration publique et solennelle dans l'église de la Minerve... Il faut avouer que les propositions extraites des livres de Petrucci ne contiennent pas les choses affreuses que Molinos a enseignées ; mais comme on y trouve, dans les explications de la contemplation mystique, un fort grand rapport des principes à ceux sur lesquels Molinos a fondé des maximes et des conduites si pernicieuses, il est difficile qu'elles puissent le mettre à couvert sans une rétractation. Le pape voudrait qu'il pût s'en garantir et sauver même, s'il se pouvait, ses livres, dans lesquels on lui a persuadé qu'il y avait de très bonnes choses; mais comme il en connaît la difficulté, il tâchera pour le moins d'allonger et de suspendre l 'affaire de Petrucci, et le cardinal Cybo ne me l'a pu nier; s'imaginant qu'après avoir satisfait le public par la condamnation de la personne et des livres de Molinos, et contenté la congrégation du saint office, elle aura moins de raison de le presser avec trop de véhémence de finir l'affaire du cardinal Petrucci. C'est la situation présente de son esprit, et dans cette vue il facilite davantage le jugement de Molinos 1. » — On voit, dans cette dépêche, que le pape n'avait pris connaissance ni des livres de Molinos ni de ceux de Petrucci, que son ignorance sur ce point était complète, et qu'il s'en tenait à ce qu'on lui persuadait ; que, dans le fond, il voulait sauver le cardinal Petrucci d'une condamnation, bien qu'il eût enseigné des erreurs ; qu'enfin, s'il facilitait à la fin la condamnation de Molinos, ce n'était pas par opposition contre le quiétisme, mais uniquement pour sauver Petrucci. C'est ainsi que, dénué de principes, Innocent XI était tout aux personnalités et à la partialité dans cette question.

Dépêche du même au même, le 2 septembre 1687 : — Molinos fera demain abjuration solennelle de ses erreurs

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