Correspondance de Rome, t. CCCV, p
E. MIGHAUD. IV. — 30
lettres, dont Irois ou quatre mille seulement sont tombées entre les mains du saint office1.
Un extrait du procès et de la sentence rendue contre Molinos se trouve au tome CCCV, p. 175-202. L'archevêque de Séville avait une grande admiration pour lui. Le cardinal d'Estrées écrivit au roi que, malgré la condamnation de Molinos, « tout le monde croyait que, si cet archevêque venait à Rome, il ne laisserait pas d'être bien traité du pape, » tant le pape avait d'attaches secrètes pour Molinos. Et cependant, d'après la dépêche du cardinal d'Estrées en date du 16 septembre, le pape devait, sur les instances des cardinaux du saint office, publier une bulle contre ses erreurs2.
Louis XIV, dans la lettre qu'il adressa de Versailles au cardinal d'Estrées le 1er octobre, applaudit à la condamnation de Molinos, dont l'erreur « tend, dit-il, à détruire toutes les bonnes mœurs et à renverser entièrement toutes les lois divines et humaines, sous le prétexte spécieux d'une résignation absolue à la volonté de Dieu. » Si le pape, poursuit-il, voulait faire réflexion sur la confiance qu'il a accordée à Molinos, à Petrucci et à d'autres, il avouerait de bonne foi qu'il ne doit pas condamner ceux qui ne conviennent pas de son infaillibilité, et que ce ne doit pas être une raison qui l'empêche d'accorder des bulles à ceux que je lui ai nommés, et qui puisse l'excuser de laisser sans pasteurs le tiers des églises de mon royaume :î. »
Le 4 novembre, le cardinal d'Estrées manda à Louis XIV : « Enfin Sa Sainteté a distribué les revenus qu'elle destinait aux cardinaux de la dernière promotion, entre lesquels le cardinal Petrucci est un des mieux partagés, et le
1. Correspondance de Rome, t. CCCV, p. 157-171. Voyez le rapport d'un témoin oculaire, publié en 1875 par M. H. Lammer (Meletematum Romanorum Mantissa, p. 407), et reproduit parle Deutscher Merkur du 12 avril 1879, p. 113-414. Voyez aussi le numéro du 25 décembre 1880. p. 412.