Ibid., p
public en est un peu scandalisé. On suspend autant qu'il est possible sa rétractation, mais il ne la pourra pas éviter1. » Le 26 décembre, le cardinal d'Estrées envoya à Sa Majesté une copie d'une lettre adressée par l'archevêque de Séville au pape, « en détestation des erreurs et des maximes de Molinos ; » le saint office a résolu de la rendre publique. Sa Majesté recevra sous peu une copie de la rétractation du cardinal Petrucci ; « le pape a voulu la recevoir lui-même, pour la garantir des formalités du saint office plus humiliantes pour lui; il n'a pas voulu qu'elle fût communiquée aux cardinaux de cette congrégation2. »
Palafox, archevêque de Messine, fut complice de Molinos et du cardinal Petrucci, assure Lavardin3. Innocent XI persista, malgré tout, dans son affection pour le cardinal; pendant qu'il traitait si mal l'ambassadeur Lavardin, « il renvoyait, dit le cardinal d'Estrées, Je cardinal Petrucci dans son diocèse gouverner les peuples d'Iesi, après avoir avoué lui-même qu'il avait écrit, enseigné et publié une doctrine hérétique; et pour le faire triompher de ses juges, qu'il appelait ses ennemis, il avait voulu qu'il officiât solennellement dans la chapelle de Montecavallo le premier jour de l'an4. » Le 24 février 1688, Lavardin écrivit à Louis XIV : « La bulle qui condamne l'hérésie de Molinos n'avait point encore été publiée, quoiqu'il y ait six mois qu'il est jugé. L'on veut à Rome que ce que M. Talon a lâché du quiétisme, ait hâté le pape de la faire afficher. Ce qui fut fait jeudi. J'en envoie un exemplaire à Votre Majesté. Ces soixante-huit propositions ne peuvent être venues que d'un homme de mœurs corrompues et d'une imagination fanatique^. » Le