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au préjudice de notre religion, dont il s'est montré le puissant protecteur; et le pape serait le premier boute-feu des guerres intestines dans votre royaume, s'il croyait pouvoir l'allumer en soulevant les hérétiques que Votre Majesté en a fait sortir1. » Le jugement de l'abbé d'Hervault fut identique à celui du cardinal d'Estrées et du marquis de Lavardin; dans la lettre qu'il envoya de Rome à Monseigneur (de Croissy)le 15 octobre 1688, il rapporta le mot d'un Italien qui exprimait certainement la pensée du Vatican dans les circonstances d'alors : « La speranza esteriore è nel crocefisso, ma Vinteriore è negV Eretici ; » il s'agissait surtout du prince d'Orange2.
Telle est la signification exacte de la sympathie qu'Innocent XI et sa curie ressentirent pour les armées des princes protestants, sympathie qu'on a eu tort de transformer en sympathie pour les adhérents mêmes du protestantisme. Le dépouillement chronologique des dépêches françaises fera ressortir jusqu'à l'évidence les véritables sentiments d'Innocent XI à l'égard de ces derniers.
En janvier 1677, le pape, voyant que les Espagnols s'étaient unis avec les hérétiques (Hollandais) sans stipuler que le culte catholique serait maintenu là où le roi de France l'avait établi, dit au duc d'Estrées « qu'ils ne savaient pas bien, le plus souvent, ce qu'ils faisaient3. » Le 5 février, Louis XIV écrivit de Saint-Germain au duc d'Estrées : « Dans une audience que le nonce du pape a eue de moi ce matin, il m'a fait deux prières de la part de Sa Sainteté : l'une, que je voulusse appuyer de mon autorité et de mes offices les catholiques qui sont en Angleterre el en Suède, pour les délivrer, s'il était possible, de la rigueur des lois pénales qui s'exercent avec beaucoup de sévérité contre eux 4; » l'autre prière était