‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 342 sur 373 · Correspondance de Home, t. CCLIX, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Home, t. CCLIX, p

2. Le duc d'Estrées à M. de Pomponne, le 28 mars 1679 (ibid., p. 352-354).

3. Le duc d'Estrées au roi, le 23 mai 1679(t'6id.,t. CCLX, p. 272- 278).

aux yeux du pape le zèle de Louis XIV pour la religion, et notamment, « l'envoi d'un agent à Genève, chez lequel l'on dirait tous les jours la messe. » « Sa Sainteté me répondit, poursuit le duc, qu'où ne pouvait assez louer le zèle de Votre Majesté pour la religion, et me parla longtemps touchant Genève, où elle me dit qu'il y avait des choses considérables à faire, qui seraient faciles à Votre Majesté et qui ne lui étaient pas inconnues. Et Sa Sainteté se souvint bien qu'une des principales qu'elle avait prié M. le cardinal d'Estrées de représenter à Votre Majesté de sa part, avait été ce qui regardait Genève d. i>

En octobre 1679, le pape dit au duc d'Estrées qu'il était obligé envers Sa Majesté de la suppression des chambres de l'Édit, qui donnait en France le dernier coup à l'hérésie2! On voit par ce détail comment se préparait la révocation de l'édit de Nantes et avec quelle gratitude le pape l'accueillerait. A la fin de mai 1680, le duc d'Estrées, conversant avec le pape, mit en avant le zèle de Louis XIV pour la religion, c'est-à-dire pour l'extirpation de ce que Rome appelait l'hérésie, et il pria de nouveau Sa Sainteté d'accorder au roi sa demande concernant les urbanistes. « Sa Sainteté, dit le duc, me répondit qu'il était certain que l'on ne pouvait pas être zélé davantage, et qu'il avait eu la confirmation de ce que je lui avais dit diverses fois touchant l'application de Votre Majesté à la conversion des hérétiques, par une lettre de M. Pelisson, qui lui mandait que, depuis deux ans, il y avait eu douze mille hérétiques convertis 3. »

La dépêche du duc d'Estrées au roi, en date du 10 juillet 1680, est très intéressante, en ce qu'elle prouve que la révocation de l'édit de Nantes, qui ne se fit que le 22 octobre 1685, se préparait déjà à cette époque, et que le

1. Le 5 septembre 1679 {Correspondance de Rome, t. CCLXII, p. 96-105).

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