Ibid., t. CCXCVII, suppl. de 1685, p
retirés du Dauphiné et du Languedoc. Sa Sainteté, dit le duc, a été « fort scandalisée » qu'on les y eût reçus1. — Nous sommes loin, en vérité, des sentiments de tolérance que l'on a imputés à Innocent XI.
Voici des détails encore plus significatifs. Le cardinal d'Estrées écrivit au roi, le 6 janvier 1685, que le pape avait dit au Père Recanati, en parlant de Sa Majesté : « Veramente lo lodiamo questo re, qui détruit un si grand nombre d'hérétiques, et qui veut exterminer entièrement cette malheureuse secte dans son royaume, in questo veramente lo lodiamo. Et en baissant la voix, il ajouta comme en lui disant un secret : Le roi veut suspendre l'assemblée du clergé, et nous espérons qu'elle ne se tiendra pas. j> Le Père Recanati a confié cela à Giori, en le priant de le faire savoir au cardinal d'Estrées2. — De son côté, le duc d'Estrées, racontant sa dernière audience, écrivit au roi le 8 mai 1685 : « Ensuite de cela, le pape loua non seulement les soins et la continuelle application de Votre Majesté pour l'extirpation de l'hérésie dans son royaume, mais aussi les moyens dont elle s'était servie, gagnant les uns avec la douceur, éloignant les autres des charges de sa maison, des gouvernements, des emplois de guerre et de justice, et de ses finances, imprimant de la crainte à ceux qui ne pouvaient être réduits autrement, et faisant de fort grandes dépenses pour la subsistance de la plus grande partie des convertis. » Le pape ajouta que le roi d'Angleterre devrait employer, lui aussi, les mêmes procédés 3. Il est bon de remarquer que ces félicitations et ces encouragements du pape se produisaient cinq mois avant la révocation de l'édit de Nantes. Le 11 septembre, c'est-à-dire quarante jours avant cette révocation, le cardinal d'Estrées écrivit de nouveau
1. Dépêche du 11 avril 1684 (Correspondance de Rome, t. CCXCI, p. 238-259).