Ibid., p
suivent ne permettent pas d'interpréter ce délai de la fête dans le sens d'une désapprobation de la révocation.
C'est à ce même point de vue qu'il faut juger aussi la conduite du maître du sacré palais, à l'occasion d'un volume de poésies italiennes, composées par un Piémontais, le comte de Saint-Martin, pour célébrer la destruction du calvinisme par Sa Majesté. Comme ce volume, dédié à Sa Majesté, était fort louangeur pour elle, le maître du sacré palais refusa d'abord la permission de l'imprimer ; mais il la donna ensuite sur trois instances du neveu même du pape, don Livio1.
En janvier 1686, le pape dit au cardinal Mellini, nonce de Madrid, alors à Rome, toute l'estime et l'amitié qu'il ressentait pour Louis XIV à cause de sa révocation de Tédit de Nantes2. D'après une dépêche du duc d'Estrées au roi, en date du 19 mars 4686, il y eut consistoire la veille, et le pape y lut un discours latin, où il loua très fort le décret du 22 octobre 1685 pour l'extirpation de l'hérésie; le duc en fit remercier le pape parle maître de chambre de celui-ci, et, en entendant les remerciements du duc, le pape se mit à pleurer3. Deux jours après ce consistoire, c'est-à-dire le 20 mars, le pape témoigna le désir de tenir une chapelle papale, dans laquelle on chanterait le Te Deum pour célébrer l'édit du 22 octobre; mais le duc et le cardinal d'Estrées demandèrent que cette chapelle fût renvoyée immédiatement après Pâques, afin qu'elle fût plus solennelle; et le pape y consentit4. Le 16 avril, le pape donna audience au duc d'Estrées et loua de nouveau extrêmement le roi, toujours pour ce même édit5.
1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 1er janvier 1686 (Correspondance de Rome, t. CCXCIX, p. 5-13).
2. Le duc d'Estrées au roi, le 29 janvier 1686 (ibid., t. CCXCVIII, p. 42-5-i).