Correspondance de Rome, t. CCLXXXIV, p
Georges Szelepcheny, archevêque de Gran ou Strigonie, et primat de Hongrie, étant entré en scène par la publication d'un écrit contre les quatre articles, il fut naturellement question de lui et de sa conduite dans les dépêches diplomatiques. Le cardinal d'Estrées écrivit le 10 décembre à Louis XIV : « L'archevêque de Strigonie, que Favoriti portait de toute sa force au cardinalat et dont le pape a de grandes idées, a cru peut-être se le procurer plus aisément, en se déclarant contre les propositions de l'assemblée du clergé, lesquelles il s'est avisé de condamner par une espèce d'assemblée des ecclésiastiques du royaume de Hongrie qu'il nomme dans cet écrit. J'en envoie la copie à Votre JMaj esté. Il peut être que la cour de Vienne aura contribué à cette déclaration. Votre Majesté jugera de quelle manière on doit réprimer une si grande témérité1. » Le lendemain 11, le duc d'Estrées eut une audience. « Sa Sainteté, dit-il, se plaignit fort des propositions, me disant que, si les évèques se fussent contentés de chercher et faire voir des raisons pour appuyer les prétentions de Sa Majesté touchant la régale, elle n'y aurait pas trouvé à redire et qu'ils auraient fait ce qu'ils devaient, mais que je ne pouvais pas disconvenir que ces propositions n'avaient aucun rapporta l'affaire de la régale et qu'ils ne l'eussent offensé de gaieté de cœur; je lui répondis selon que nous l'avions estimé, M. le cardinal d'Estrées et moi2. »
Le pape, au lieu de s'apaiser, accentuait donc de plus en plus ses prétentions, et dès lors il ne pouvait qu'applaudir à la conduite et à l'écrit de l'archevêque de Strigonie. « On m'a dit, écrivit le cardinal d'Estrées à la date du 31 décembre 1682, que le pape avait témoigné beaucoup de joie de l'acte de l'archevêque de Strigonie contre les propositions de l'assemblée du clergé. On écrit de Madrid que les universités de Salamanque et d'Alcala