Ibid
3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 21 janvier 1683 (ibid.. p. 192-206).
portaient nullement sur le fond de la doctrine. Pour punir la Sorbonne de sa résistance, on avait suspendu les cours de théologie, et elle s'était hâtée de demander sa grâce et d'enregistrer les quatre articles. Elle fut en même temps saisie par le parlement d'une thèse dans laquelle on soutenait que le pape était le juge suprême des controverses de la foi. Le rapport des commissaires chargés d'examiner cette thèse, ainsi que l'écrit de l'archevêque de Strigonie, fut déposé le 1er mars 1683. Toute cette affaire émut singulièrement Casoni, Ottoboni et Azzolini,qui en profitèrent pour exciter )e pape à de nouvelles mesures1.
Le 9 mars, le recteur et le conseil de l'université de Douai envoyèrent à Louis XIV la lettre suivante : « Sire, il y a environ huit mois que le zèle que nous avons pour le service de Votre Majesté nous a obligé de lui représenter avec tout le respect possible la grande aversion de tous ses fidèles sujets qui sont dans ce pays réunis à sa couronne, de la doctrine contenue dans la déclaration du clergé de France qui regarde la puissance ecclésiastique. Ils disent que cette doclrine est inouïe dans ce pays; qu'on y a toujours tenu pour des opinions erronées celles qui choquent la primauté absolue et l'infaillibilité du souverain pontife, pour qui ils ont eu en tout temps tant de respect qu'ils eussent cru être du nombre des schismatiques, s'ils eussent douté de la souveraine autorité du vicaire de Jésus-Christ pour définir quelle est la bonne ou mauvaise doctrine; qu'ils ne voient pas comme ils pourront, sans cette croyance, résister dorénavant aux insultes que leur font les jansénistes, leur reprochant