‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 76 sur 373 · Ibid., t. CCXCV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCXCV, p

rait aux docteurs moins favorables à la cour de Rome à s'en prévaloir *. »

Le 24 juillet, le cardinal d'Estrées manda au roi : « On m'a envoyé par le dernier ordinaire un livre d'Allemagne intitulé Regale sacerdotium. » Ce livre anonyme commençait par un traité sur la régale et attaquait ensuite lès propositions du clergé. On en faisait cas à Rome « comme de tout ce qui relève l'autorité des papes. » En même temps, on en publia un autre, à Rome même, sous ce titre : De libertatibus Ecclesiœ gallicanœ; il était fort loué par le cardinal Casanatta; on ne le donnait à Rome que mystérieusement, Casoni surtout le distribuait comme « un chef d'œuvre ; » ce livre, rempli de citations d'auteurs français, prétendait réfuter MM. Dupuy, Marcas (sic), de Launoy, et tendait à prouver que les maximes gallicanes n'étaient ni anciennes ni unanimes en France2. Sur la foi de Casoni, le pape le considérait aussi comme un chef d'œuvre et reconnaissait que l'auteur était un Français3. Ce livre, écrivit le cardinal d'Estrées, « contient des choses plausibles et spécieuses pour les ignorants. Je suis toujours persuadé qu'une réponse qui découvrirait les faux préjugés et les raisonnements captieux de ce livre, serait fort utile. » Mais Louis XIV, qui cherchait de plus en plus à prendre le pape par la douceur, répondit qu'on avait déjà tant écrit en faveur des libertés de l'Eglise gallicane, qu'il était inutile de faire une réfutation4.

Vers le 15 juillet 1686, le cardinal d'Estrées prit audience. Le pape avait appris qu'un prélat de l'assemblée avait été transféré à l'Église de Saint-Omer. « C'est apparemment sur ce fondement, raconta le cardinal, qu'il me dit d'abord qu'on n'avait point de considération pour lui ;

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