Dépêche du 8 juillet 1687 (ibid., t. CCCIV, p
sans le lui avoir communiqué1. Le 11 de ce même mois, le duc d'Estrées en écrivit en ces termes à Louis XIV : « Je ne suis pas le seul qui aie sujet de me plaindre du livre de M. de Luca. L'on m'a assuré qu'il y a beaucoup de choses contre les concordats avec les empereurs, et la manière souvent simoniaque, à ce qu'il dit, dont l'on en use pour les bénéfices en Allemagne. Et oulre cela, les cardinaux de la congrégation du saint office se plaignent publiquement de ce qu'il y a condamné un jugement qu'ils ont rendu sur un fait de conséquence, et l'on s'étonne fort que le pape souffre un procédé si extraordinaire et imprudent dans l'un de ses principaux domestiques, et qui n'a aucun égard pour les personnes ni pour les lieux, quand il s'est mis quelque chose dans la tête. 11 a eu, depuis quelques jours, sur le sujet de ce livre, un grand démêlé avec le maître du sacré palais, qui est un religieux de naissance, sur ce que celui-ci, ayant su qu'on commençait de l'imprimer sans sa permission, avait été chez l'imprimeur et avait retiré ce qui avait été imprimé et aussi le manuscrit. Il s'emporta fort dans l'antichambre du pape contre ce religieux, qui lui répondit avec beaucoup de hauteur et ensuite eut audience de Sa Sainteté, où il se plaignit fort de M. de Luca, dont le livre doit demeurer supprimé'2. »
Ce prélat fit entre autres deux livres : l'un, contre les patentes du saint office, auquel les cardinaux Albizzi et Ottoboni répondirent en le traitant d'hérétique; l'autre, contre l'immunité des églises, qui fut attaqué par le cardinal Carpegna et dont les cardinaux du saint office se pla ignirent au pape 3. Malgré ces critiques acerbes, le pape le fit cardinal en septembre 1681. Il avait alors soixantesix ans. Il était Napolitain, de famille obscure. C'était un
1. Le duc d'Estrées au roi, le 4 janvier 1678 (Correspondance de Rome, t.CCLV,p.9-20).