Lavardin au roi, le 2 décembre 1687 (ibid., p
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attendre les suites les plus sèches, si la peur dont il est fort susceptible ne chasse les autres passions qui remplissent son cœur présentement. Car il faut compter, Sire, qu'il est capable de tout ce qu'il y a au monde de pis, étant conseillé par des esprits brouillons et détestables; et ce n'est qu'avec frémissement que je prononce ces paroles, mais avec toute facilité il porterait son orgueil jusques à attaquer la personne sacrée de Voire Majesté1... Le pape est sec, vain et glorieux jusques à l 'extravagance*... Voilà, Sire, ce que fait l'humeur hypocondre venue dans une tête faible d'elle-même et qu'un grand âge rend encore plus imbécile. Je ne connais dans le pape ni piété ni bonne intention, mais un orgueil et une vanité insupportables, et une humeur opiniâtre et injurieuse, qui se change en fureur dès qu'on lui résiste, à moins que la peur ne chasse les autres passions3. »
En avril 1G88, le pape, causant avec le résident de Savoie, lui raconta qu'une possédée vit un jour un Agnus Dei bénit par lui, qu'elle en ressentit de la peine et qu'elle demanda qu'on l'otàt, « parce qu'il était bénit par un saint! » Le résident de Savoie n'eut rien de plus pressé que de faire part de cette parole au cardinal d'Estrées, qui la transmit au roi dans sa dépêche du 28 avril 1088, en remarquant combien le pape était sensible et prévenu sur tout ce qui le touchait4.
Le 48 mai, le marquis de Lavardin écrivit au roi : « L'âme du pape est. toujours partagée entre deux passions dominantes, qui sont l'orgueil et l'avarice. » Il ajouta qu'Alexandre VII « aurait été le plus vain des papes, si le pape (actuel) ne lui avait succédé5. » Déjà nous avons
1. Le môme au même, le 30 décembre 1687 (Correspondance de Rome, t. CCCVII, p. 389).
2. Le même au même, le 9 février 1688 (ibid., t. GCCX, p. 121- 133).