Ibid., t. CCCXI, p
cité le passage de sa dépêche du 20 juillet, où il dit du pape que, « dans son enlêlement non seulement il n'entend point raison, mais n'y entre jamais, enivré d'orgueil, et dans sa tète ignorante se donnant le pouvoir de monarque universel de la chrétienté, imitateur de Grégoire VII, de Boniface VIII et d'autres pareils papes hautains, par leur ambition sans l'être par leur capacité et doctrine. » Lavardin se demande ensuite « comment ce pape aurait pu assez imposer au public pour passer pour homme de bien et bon pape. » « Quant à moi, dit-il, je vous avoue que plus je l'ai examiné, plus je le trouve plein d'avarice et de superbe, et d'une superbe que la moindre résistance tourne en fureur. Cependant j'en parle avec tout le respect possible comme vous me l'avez commandé1. »
La psychologie expérimentale démontre que de tels sentiments sont toujours accompagnés de la colère : il est impossible, en effet, que l'orgueil, l'ambition, la vanité, l'entêtement soient toujours satisfaits. Maintes fois des résistances se produisent, des obstacles surgissent : de là une lutte qui développe l'irritation, et dans laquelle la colère s'emporte souvent et éclate. Innocent XI donna souvent à. ses conseillers intimes et même aux ambassadeurs des puissances le spectacle de sa colère.
On lit dans une lettre de l'abbé de Servient à M. de Pomponne, à la date du 16 juin 1677 : « J'ai su par une voie sûre que Sa Sainteté a de si fréquentes agitations et tant de chagrins qu'il a changé de naturel. Il était patient, il est devenu colère. Il s'afflige ensuite extrêmement de s'être emporté, et comme il n'est occupé que d'affaires épineuses et dans lesquelles on ne conclut rien, ou par la difficulté des mêmes affaires, ou par des incertitudes à prendre son parti, ou faute de hardiesse pour les tempéraments utiles, tonte l'application ne sert qu'à lu échauffer la tête, et. il a eu sept rhumes de ma connaissance. Il est vrai qu'il s'en délivre avec grande facilité,