‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 109 sur 473 · Ibid., t. CCLXI, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXI, p

3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 20 août 1681 (ibid., t. CCLXXIV, p. 189-204).

4. Le duc d'Estrées au roi, les 10 et 11 février 1683 (ibid., t. CCLXXXVII, p. 119-133).

les trois mois des émoluments à titre de conservateurs du peuple romain, et ayant inscrit sur cette liste des individus nécessiteux dans le but de les secourir, le pape répondit « avec rudesse » qu'il ne voulait pas de cette liste, « L'on a plaint ce cardinal et blâmé Sa Sainteté d'en user de cette manière avec une personne qui a commencé d'être de ses amis et Ta été sans aucune interruption depuis trentehuit ans et qui l'a bien servi pour son pontificat1. » Dans son mémoire du 12 janvier 1G85, l'abbé de Servient releva le détail suivant, qui ne manque pas de piquant : « Le tailleur de don Livio l'est aussi du cardinal Azzolin. Il a dit en secret à ce cardinal et celui-ci à un ami intime qui me l'a dit, qu'il travaillait en grand secret et actuellement à quatre habits de cardinal pour don Livio, qu'il n'y employait qu'un seul garçon affidé, et que ces quatre habits n'étaient pas neufs, y ayant deux que Sa Sainteté avait portés avant son exaltation, et qu'il retaillait et ajustait à la taille de don Livio2. » L'avarice du pape était même un sujet de raillerie. En septembre 1687, à l'occasion de la chapelle accoutumée pour le jour de son élection, il reçut du cardinal Ottoboni, le plus ancien des cardinaux, un compliment et des vœux de longue vie, et lui répondit qu'il fallait prier Dieu pour qu'il le retirât du monde, parce que « tout le monde le trahissait, qu'il avait cru servir l'Église en faisant vingt-sept cardinaux, dont il ne recevait aucun soulagement, et qu'ils n'avaient aucune force pour servir la santa sede. » Le cardinal Ottoboni tourna l'affaire en raillerie et lui dit : « Saint Père, comment peuvent-ils avoir de la force, si votre Sainteté ne leur donne pas de quoi manger ? » Ce cardinal l'exhorta ensuite sérieusement à leur donner quelque secours dans le pressant besoin où ils étaient 3.

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