Ibid., t. CCCVT, p
3. Dépêche du. 9 décembre 1687 (ibid., p. 150-162). A. Ibid., t. CCCX, p. 7-26.
5. Dépêche du "28 septembre 1688 (ibid., t. CCCXII, p. 61-72).
seur du pape a raconté, qu'il avait été par ordre du pape consulter ce novice des angustins déchaussés qui parle si familièrement avec saint Gaétan, sur ce passage des Français en Italie. Le novice a répondu que les Français y passeraient, mais qu'ils ne feraient point de mal i. » Le 5 du même mois, Lavardin avait aussi écrit au roi qu'un capucin bourguignon, nommé Epiphanie de Moirans, qui avait été en 1087 à Bordeaux et qui écrivait sur les affaires politiques et sur la sainteté de Molinos, croyait avoir des révélations fréquentes et des conversations avec Jésus- Christ, et qu'il en rendait compte au pape par l'intermédiaire de Casoni. Lavardin traitait ce capucin « de fou2. » Autant Innocent XI fut superstitieux, autant il fut étroit dans sa dévotion, extérieur et même grossier dans ses exercices religieux, formaliste, lourd, sans élan et sans horizon, routinier et paresseux. Avec son imagination frappée par la frayeur de la mort, avec sa mélancolie, il se traînait dans le piétisme comme dans l'existence. Il n'entendait généralement la messe qu'assis, et il ne la disait guère que tous les huit jours au commencement de son pontificat; en mars 1679 il la dit tous les matins, mais il se relâcha bientôt de son zèle passager et de cette ferveur de circonstance. D'après la dépèche du duc d'Estrées, du 10 décembre 1682, le pape, en quittant Monte- Cavallo et en rentrant au Vatican, se dit trop fatigué pour aller prier Dieu devant le saint-sacrement à l'église Saint-Pierre, violant ainsi une constante habitude des papes. En 1683, il resta plus de deux mois sans dire la messe, bien qu'il en eût la force. Dans sa dépêche du 30 novembre de cette même année, le duc d'EsIrées dit : « Le pape assista avant-hier à la chapelle tenue pour le premier dimanche de l'avenl et y exposa le saint-sacrement, ce qu'il n'avait pas fait depuis deux ans3. » Le