‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 118 sur 473 · Ibid., t. CCLXXXVIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXXVIII, p

cardinal d'Estrées écrivit le 14 mars 1684 : « Hier le pape entendit la messe pour la première fois depuis la chandleure (sic), quoique sa chapelle tienne à sa chambre1. » Et le 14 décembre 1684 : « Le pape se fit porter dimanche à la chapelle, et entendit la messe pour la première fois depuis vingt-cinq jours2. » En avril 1685, le cardinal Gasanatta lui ayant fait observer combien la vacance des évèchés en France était scandaleuse, il s'emporta, en disant « qu'il y avait plus de deux ans qu'il ne s'inquiétait plus de ces affaires, qu'il ne voulait plus rien entendre sur tout cela. 3» Le 25 septembre 1685, le duc d'Estrées écrivit au roi : « Le pape dit la messe il y a quelques jours, ce qu'il n'avait pas fait depuis huit ou neuf mois4. »

Le cardinal d'Estrées ne dissimula pas la paresse et la nonchalance du pape. « Vendredi, écrivit-il le 22 janvier 1686, il a entendu la messe dans le lit, et s'est levé l'après-dinée... Le cardinal Cybo assure que le pape est Beaucoup mieux et pourrait beaucoup plus agir qu'il ne fait sans s'incommoder5. » Et le 5 février : « M. Slusius soupçonne qu'il y a quelque artifice dans cette retraite (du pape), et l'on ne sait s'il ne l'affecte pas pour éviter les instances que les ministres peuvent lui faire sur diverses choses. Le cardinal Cybo croit que c'est une extrême paresse qui le tient... On vit ici dans une espèce de léthargie^. » Et le 12 : « Quoique ceux qui voient le pape le trouvent en état d'agir sans exposer sa santé, il ne peut encore abandonner son lit ou sa chaise, et l'on compte comme un grand effort qu'il a fait huit ou dix pas pour s'approcher une fois de sa fenêtre7. » J'ai déjà cité la

1. Correspondance de Rome, t. CCLXXXIX, p. 389-422. <2. Ibid., t. CCXC1II, p. 124-140.

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