Correspondance de Rome, t. CCXC, p
parvenait au pontificat, qu'il brigue ouvertement, ce serait le plus dangereux ennemi que la France eût jamais eu. On m'assure qu'il y a un traité secret entre lui et le vice-roi de Naples... On prétend qn'il tient une pension secrète 1.» — Le 2 octobre de la même année, Servient signala la fourberie de ce cardinal, qui flattait les Désirées (sic) pour pouvoir disposer à son gré de la faction de France dans un conclave, et la naïveté du duc et surtout du cardinal d'Estrées, qui paraissaient croire à la sincérité de son amabilité, à ce point qu'on le regardait comme le pape des Français. Or le moine Gusman, agenl intime et parent du vice-roi de Naples, disait à ce propos : « Plaise au ciel que nous ayons bientôt ce pape Français ! » Et sur cela il raconta au long à un nommé Marini, Génois, agent du cardinal Grimaldi, l'histoire de Garpegna, disant qu'il avait toujours été Espagnol dans l'âme; que, dans le pontificat passé, il avait fortifié plus que nul autre Altieri contre la France. « Gusman dit encore à son ami, poursuit Servient, que, quand Carpegne pouvait en secret railler le cardinal Chigi, avec qui il feint aujourd'hui une grande amitié, ou (de) M. l'ambassadeur, il le faisait avec un plaisir extrême, parce que l'un et l'autre avaient raillé, il y a quelques années, de certains évanouissements qu'il avait eus, en suite d'une intrigue bourgeoise d'une grisette que le même Carpegne avait entretenue longtemps et dont il a un bâtard qu'on cache fort: et qu'entre autre Chigi qu'il ne payait qu'un teston par évanouissement, et l'ambassadeur désirait devoir ses yeux d'horloge (parce qu'il les remue toujours) dans le plus fort de ses amours, sans parler des invectives dont il a le détail par écrit, et l'a montré cacbé dans un trésor au même Gusman, qu'il prétend que l'on disait contre lui à Farnèse. Il conclut, après tout ce détail qu'il lit à son ami pour le persuader de la nécessité de ne pas contrarier l'élévation de Carpegne, que lui-même avait porté