‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 152 sur 473 · Ibid., t. CCXUII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCXUII, p

3. Servient à Pomponne, le 21 septembre 1678 (ibid., t. CCLVII, p. 305-308).

A. Servien à M. de Croissy, le 9 août 1682; {ibid., t. CCLXXXI, p. U8-154).

quement sou partisan, une pension annuelle de deux mille écus1. C'était une créature de Clément X; en 1684, il avait soixante- dix-huit ans. « Il est assidu aux chapelles, écrit le cardinal d'EsIrées; il affecte d'y venir pour montrer qu'il n'est pas dans la décrépitude. Plus il vieillit, et plus ses espérances augmentent... Il se croit propre pour un deposito. » En 1682, un de ses neveux était mort fou ou idiot; il lui en reslait encore deux, qui étaient prélats : l'aîné, doux, mais sans talent; l'autre, vif, mais satirique, même contre son oncle. Ce dernier ne craignait pas de dire que, depuis que son oncle touchait 2000 écus de pension d'Espagne, il vivait plus à son aise. Ce cardinal ne plaisait pas au cardinal Altieri. Si le conclave était difficile, divisé, on pourrait songer à lui ; ce mais, dit encore le cardinal d'Estrées, le peu de considération dans laquelle il est, son humeur un peu prompte, son peu d'habileté, et les qualités de ses neveux un peu trop connues, ne permettront pas que l'on s'applique à lui avant que d'avoir fait d'autres épreuves2. » On lit, dans la dépêche du marquis de Lavardin à Louis XIV, le 1 1 mai 1688 : Avant hier, mort du cardinal Crescentio, « si féroce et si brutal que cette cour n'y perd rien3. » C'était le huitième chapeau alors vacant.

Cardinal Delfino. — Il fut créé cardinal par Alexandre VII, et en 1684 il était âgé de soixante-six ans. « Si son pays, dit le cardinal d'Estrées, n'était une espèce d'exclusion pour lui comme pour ses autres confrères, ses talents, sa modération, sa sagesse, son honnêteté dans ses commerces, sa délicatesse dans les devoirs de gratitude ou d'amitié, qui lui ont acquis une estime générale et fort distinguée, pourraient lui attirer la préférence dans une élection sur la plupart des prétendants. Car, l'on pourrait

1. Le même au même, le 3 août 1083 (Correspondance de orne, t. CCLXXXVI, Ksuppl. de 1083, p. 107-171). i. Mémoire du 14 juillet 1084 {ibid., t. GCXC, p. 05-08). Ibid., t. CCCXI, p. 23-29.

se promettre de ce sujet un gouvernement habile et agréable dans le pontificat. » Le cardinal d'Estrées désirait extrêmement ce choix pour le bien de l'Église et pour le service du roi de France, mais sans oser beaucoup l'espérer : « Y envie des cardinaux Ottobon et Basadonna,qui ne sont pas ses amis, s'allumerait extrêmement contre lui, dès qu'on le voudrait mettre sur les rangs1. »

Cardinal d'Enof (Denhoff). — Il fit partie de la promotion du 2 septembre 1686, sous Innocent XI. Le cardinal d'Estrées, en envoyant à Louis XIV la liste des vingt-sept cardinaux de cette promotion, le caractérisa ainsi : « Trop connu2; » et encore : « Enof est une manière de séminariste, sans science et sans talent3. » Il était, avant son cardinalat, commandeur de l'hôpital du Saint-Esprit. C'était un grand ennemi de l'évêque de Beauvais. Le duc d'Estrées écrivit à Louis XIV, le 15 octobre de la même année : « Ce que nous avons su, c'est qu'assurément il est venu quelques remises d'argent au cardinal Dénof (sic), dont il a remplacé quelques sommes qu'il avait prises du banque du Saint-Esprit 4. » Dans sa dépèche du 1er juillet 1687, le cardinal d'Estrées remarqua que le roi de Pologne avait retiré toute sa confiance à ce cardinal, et qu'il ne voulait pas le reconnaître ; que le pape avait voulu lui donner l'évêché de Garpentras, mais qu'il l'avait refusé. Depuis lors, dit le cardinal d'Estrées, « le pape veut commettre quelque prél-at à la Commanderie du Saint-Esprit, dont les affaires sont sans dessus dessous, depuis que cet homme en a la direction. Il a pris à bon compte sur la banque dix à douze mille écus romains, dont il avait besoin pour les dépenses de son cardinalat5. » Le pape devint bientôt « fort dégoûté

1. Mémoire du 11 juillet 1684 (Correspondance de Rome, t. CCXC, p. 61-62).

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