Ibid., t. CCXCV, p
9 mars 1678 à M. l'évèque de Marseille, Servient énuinérant les cardinaux qui menaçaient de céder prochainement leur chapeau à des successeurs, dit de celui-ci : «Le Landgrave joint tous les jours de nouveaux désordres aux fréquentes et dangereuses maladies et à la mauvaise constitution que ses débauches passées lui ont attirées1. »
Lauri. — Il était auditeur de la nonciature à Paris, et il fut mêlé à toutes les affaires discutées entre la cour de France et la cour de Rome, surtout depuis la mort du nonce Varesi jusqu'à l'arrivée du nonce Ranucci. C'était un homme très rusé, plus encore que le cardinal Ronvisi. Le ducd'Estrées l'accusa de « friponnerie, » dans sa dépêche à Louis XIV, des 10 et 11 février 16832.
Cardinal Lauria. — Il se nommait Lorenzo Rrancati et était des conventuels de saint François. Innocent XI le fit cardinal en 1681. C'était un théologien scolastique. « Il a plus lu l'histoire de l'Église et des conciles, écrivit le cardinal d'Estrées, que la plupart des Italiens; mais, quoique ses connaissances soient grandes, elles n'ont pas le goût et l'exactitude de celles qu'on acquiert en France.» Il fut, pendant vingt ans, employé au saint office, et il examina, comme tel, presque tous les livres dont on s'occupa. Chigi le protégea. S'il n'arriva pas au pontificat, c'est qu'il n'aurait pas pu satisfaire « le cardinal Altieri intéressé et qui voulait plutôt tirer de l'argent des cardinaux qu'il faisait que de leur en donner. » Il était très sensible aux louanges, et combattait volontiers les jansénistes, comme le faisaient les cordeliers en général. Rien que les Espagnols fussent disposés à l'agréer, le cardinal d'Estrées le crut bien disposé pour les affaires de France3. — D'après la dépêche de Servient, du 8 octobre 1682, le pape « bannit de son Etat plusieurs personnes, sur de simples accusations et malgré l'offre de se