‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 165 sur 473 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

conduite de ce cardinal « était en vérité détestable; » qu' « il faudrait lui ôter tous les fripons qui l'environnent; » qu'il s'était rendu coupable d'une « infamie; » qu' c( on ne finirait pas à dire Ions ses désordres, » et qu' « à la fin l'on essuyera quelque affront. » « Il est bon pourtant, ajoute-t-il, de le soutenir, mais il faudrait lui faire dire à l'oreille qu'il se modère; M. de Créqui le gouvernait très bien. On peut, s'informer de lui comme il faisait et pratiquer ici la même chose1. » Le 24 janvier 1680, S er vient manda à Colbert de Groissy que la petite persécution dont ce cardinal était l'objet de la part du pape, à l'occasion de son ordination sacerdotale, retombait sur le protégé de Louis XIV et non sur les « quelques désordres de sa vie passée, dont les essentiels sont entièrement cessés et les autres diminués2. »

D'après une dépêche du duc d'Estrées au roi, en date du 30 janvier 1680, le pape, toujours furieux de ce que le cardinal Maidalchini s'était fait ordonner prêtre si précipitamment, « défendit qu'il célébrât la messe, » et voulut qu'il se retirât en quelque lieu pour s'y bien préparer3. Le 26 mars, il raconta au roi que le pape avait fait expédier un bref, afin que ce cardinal ne put jamais passer dans l'ordre des prêtres; que Sa Sainteté lui avait parlé « de la vie qu'il avait menée à Paris, et qu'un des trois cardinaux français qui étaient venus au conclave lui en avait dit des choses étranges. » Le duc répondit au pape qu'il était « bien corrigé, » que sa conduite depuis sa prêtrise ne pouvait pas être meilleure; et il pria le pape de ne pas traiter ce cardinal si durement4. A la date du 29 avril, le pape ne lui avait pas encore permis d'assister au consistoire; car ce jour-là il s'en tint un, et il dut s'en abstenir"; mais cette défense fut levée à la fin de

1 Correspondance de Rome, t. CCLV1II, p. 123-124.

Page 1