‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 164 sur 473 · Ibid., t CCXC, p · texte numérisé non relu

Ibid., t CCXC, p

cardinaux Azzolini, Ottoboni et Casanalla, qui tous le jalousaient, essayèrent en juin 1682 de le discréditer auprès du pape. « Il seraitaisé, disaient-ils, de persuader au pape, déjà en soupçon, que de Luca n'a point de piété, de conscience, ni d'ardeur pour les intérêts du saintsiége, et qu'il est animé de la seule prétention de succéder à Sa Sainteté par l'assistance des Français1. » — C'est, disaient-ils encore, un ambitieux; il veut paraître gouverner le pape, et il ne sait rien; « il n'a fait qu'imprimer des recueils de consultation; tout autre avocat de Rome produirait autant d'ouvrages, s'il avait autant d'argent, de fortune et de vanité ; » il accuse les autres de trahison, et c'est lui qui trahit2. Telles étaient les aménités que les quatre personnages susmentionnés répandaient contre ce cardinal, qui cependant faisait avec eux partie .de la camarilla. — On lit encore dans la dépêche de Servient à M. de Croissy,en date du 9 août 1682 : « Favoriti, qui n'oublie aucune conjoncture de faire indifféremment du mal, sans épargner ni sexe ni dignité des personnes, a fait considérer au pape que le cardinal de Luca choquait sa dignité d'aller dîner et souper très souvent chez des dames. Le pape lui en a parlé sans aigreur, et il a fait voir que, bien qu'il l'eût pu faire à son âge et dans l'innocence de ses mœurs, et qu'il le fît encore à l'occasion, à moins que Sa Sainteté le lui défendît absolument, ne voyant que des dames de la première qualité, il n'avait pourtant été à aucun pareil repas depuis son cardinalat3.» — Le 4 février 1683, Servient écrivit que ce cardinal était mourant, et que le peuple en faisait éclater sa joie. « Le pape, quia causé sa maladie, dit-il, en est touché autant qu'il est capable de l'être, ce qui n'est pas excessif. » Le pape, en effet, l'avait si fort maltraité, et il en avait reçu

l. Dépèche de Servient, le Ijuin 1682 (Correspondance de Rome, t.CXLXXXI, p. 2-9).

•1. Dépêche do Servient, le 25 juin 1682; {ibid., p. 30-17). S. lbid.t p 118-154.

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« une telle rebuffade qu'il en tomba malade1. » De Luca se ménageait extrêmement auprès du pape. Servient lui reconnut « quelque franchise, de l'ouverture d'esprit, de la hardiesse et du désintéressement, mais cela si offusqué par sa présomption, sa vanité, son obstination et son peu d'expérience , qu'il était moins capable d'attirer du bonheur que des désordres dans un État2. »

Cardinal Ludovisio. — Il était sous-doyen du sacré collège pendant que le cardinal Fachinetti, mort au commencement de 1683, en fut doyen. Le cardinal cl Estrées, dans sa dépêche du 3 février 1685, le classa avec le cardinal Azzolini et l'abbé Casoni parmi les « gens de contrebande2. » Servient l'avait défini « un homme de peu de jugement et fort incliné pour l'Espagne4. »

Cardinal Màidalghini. — Le 12 octobre 1677, le duc d'Estrées écrivit à Pomponne que ce cardinai desirait se faire prêtre, mais qu'on l'engageait d'abord à mener une vie « un peu plus retirée5. » L'abbé de Bourlemont écrivit au même, le 18 mai 1678, que ce cardinal n'avait aucun besoin des bains de Saint-Cachane; qu'en demandant à y aller cet été il abusait, oubliant qu'il était le seul cardinal du parti de France à Rome6. Dans une lettre de Servient, du 29 juin 1678, on lit : « On prétend que les divertissements que le cardinal Maidalchini et Don Benedet Panfile ont donnés aux dames et à toute la compagnie qui a passé la villégiature (comme on dit ici) à Frascati, n'ont pas eu 1 approba!ion du palais, et l'on croit que le pape en a conç j quelque idée de ne le (Don Panfile) pas faire cardinal dans la première promotion7. » Le 16 novembre, Servient écrivit encore que la

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